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PATRICK PRÉJEAN
Comédien

Entretien réalisé
le 13 juillet 2009
par François JUSTAMAND,

Assisté de Pascal LAFFITTE

Remerciements à Olivier BOISSON
et Rémi CAREMEL


Le comédien Patrick Préjean est doté d’un visage et d’une voix bien connus. Au cinéma, il a notamment tourné dans Les cracks, Le cerveau, Les mariés de l’an II, Les pétroleuses, Le gendarme et les gendarmettes.
Pour la télévision, il a joué le souteneur de Véronique Genest dans Nana, et Vacherin, le policier inséparable de Roger Carel, alias Fontanier dans La nouvelle malle des Indes.
Très actif au théâtre, il a, entre autres, composé un Cyrano de Bergerac très inspiré, qui lui a valu une nomination aux Molières en 1998.
C’est aussi une voix familière du doublage français depuis plus de trente ans, voix qu’il a prêtée, dans des longs-métrages, à des acteurs tels que Randy Quaid (Le gang des frères James, Ça plane les filles), Steve Martin (Le plus escroc des deux, La panthère rose 1 et 2), Dan Aykroyd (Les Blues Brothers), Nicolas Cage (Peggy Sue s’est mariée.), Elliott Gould (Valse d’amour), John Lithgow (Bigfoot et les Henderson, Docteur Kinsey), Cheech Marin (Born in East L.A.).
En ce qui concerne les séries télévisées, on a pu l’entendre, toujours sur John Lithgow, dans Troisième planète après le soleil, John Goodman dans Roseanne, Karl Markovicz, alias le policier Stockinger dans Rex, chien flic, et Erik Wedersøe, alias Ole, le thérapeute très spécial de L’hôpital et ses fantômes.
Très doué pour la comédie, Patrick Préjean a beaucoup œuvré (et continue de le faire) pour le doublage des programmes destinés aux enfants, comme Il était une fois l’homme, Pac-Man, Les zinzins de l’espace, Oui Oui, Les aventures d’Ernest et Bart.
Enfin, c’est à lui qu’il revient de faire parler français deux personnages souffrant de quelques problèmes d’élocution : Sylvestre, dit Grosminet, le chat des dessins animés Warner Bros (Patrick Préjean succède en cela au regretté Georges Aminel) et Tigrou le tigre primesautier des productions Walt Disney. Rencontre avec un homme sympathique, aux multiples talents.



La Gazette du doublage : Vous êtes issu d’une famille de comédiens, Albert Préjean, votre père, était une grande vedette du cinéma français et Lysiane Rey, votre mère était également comédienne. Et vous, à quel âge avez-vous eu la vocation ?

Patrick Préjean : Je l’ai eue très très tôt, car après avoir voulu être pompier, peintre en bâtiment, agent de police entre l’âge de cinq ans et neuf ans, dès que je suis entré dans ma dixième année, l’envie de faire du spectacle a commencé à me titiller. Bien sûr, j’avais l’exemple permanent de mes parents autour de moi, ce qui facilitait un peu les choses et alimentait le rêve et l’imaginaire.

La Gazette du doublage : Par la suite, quelle formation avez-vous suivie ?

Patrick Préjean : Très classique, j’ai d’abord pris des cours chez Jean Périmony et puis très très vite, il m’a présenté au Centre d’art dramatique de la rue Blanche. J’y suis rentré et j’avais un professeur de cours d’ensemble exceptionnel, qui était un très grand maître. Il ne demandait pas à se faire appeler maître, mais c’est la distinction que l’on avait choisie tellement on avait de respect et d’admiration pour lui ; c’était Henri Rollan. Ensuite, j’ai réussi l’examen d’entrée au Conservatoire, chez Denis Manuel. J’en suis sorti avec un deuxième prix de comédie et un prix de la critique, s’il vous plaît, à l’unanimité ! Avoir la critique à l’unanimité, une fois dans sa carrière, c’est exceptionnel. Pour tous les autres prix il y avait un chèque, mais là, ils devaient être tellement « rats » qu’il n’y avait rien du tout : contentez-vous du prix de la critique ! Donc une filière très classique et cela faisait bien plaisir à mon père, parce que lui était issu d’un milieu totalement différent ; lui était arrivé par la cascade. Il était cascadeur et par sa présence, sa belle gueule, son charme, cela a donné des idées aux metteurs en scène pour lui donner des emplois de plus en plus importants.

La Gazette du doublage : Et après le Conservatoire, vous avez eu des propositions de la Comédie-Française ?

Patrick Préjean : Non, j’ai eu des propositions déjà bien avant, quand j’étais au Centre d’art dramatique de la rue Blanche. J’avais déjà eu quelques propositions, j’avais commencé à jouer, je jouais sur les places de villages pendant les vacances dans le Midi de la France. On jouait sur la Ponche, à Saint Tropez, je ne pensais pas que là, trente années plus tard, j’allais retrouver les gendarmes de Saint Tropez ! Et puis on jouait des pièces de Calderón, de Regnard, enfin des classiques. On avait organisé ça dans une vieille « teuf teuf » toute pourrie. On montait les décors nous-mêmes, on recousait nos costumes, on avait du mal à manger à notre faim et comme j’étais un grand mangeur, j’allais faucher des trucs dans la cuisine ! Enfin, voila, c’était la bohême, la débrouille, mais vivant de mon métier, ma passion déjà, à 200%.