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Jacqueline Ferrière en 1941
JACQUELINE FERRIERE

Entretien réalisé le
10 janvier 2005
par François JUSTAMAND

Remerciements à
Pascal LAFFITTE


Après quelques rôles au cinéma pendant l’occupation et un certain nombre de pièces de théâtre à son actif, Jacqueline Ferrière débute à la synchro au début des années 50. Sa voix et son jeu « colleront » merveilleusement à des comédiennes au fort tempérament telles qu’Ava Gardner, Jane Russell, Lana Turner, Tippi Hedren et bien d’autres.



La Gazette du doublage : Jacqueline Ferrière, vous êtes née à Paris je crois...

Jacqueline Ferrière : Je suis née en 1921, à Paris, dans le 17ème arrondissement.

La Gazette du doublage : A quel moment avez-vous pensé devenir comédienne ?

Jacqueline Ferrière : Ce sont des camarades que j’ai connus dans d’autres professions, en sortant, en allant voir des spectacles, qui m’ont dit qu’une de nos connaissances, Pierre Divoire, fils d’un journaliste connu, venait d’être engagé pour jouer dans la pièce Feu Follet. Je suis allé à l’audition et j’ai aussi été retenue. J’avais 19 ans et je me suis laissée prendre au jeu.

Ensuite, je suis allée prendre des cours chez Solange Sicard, mon premier professeur, qui était rue de Washington. J’y suis restée deux ans durant lesquelles j’ai passé des auditions, notamment pour le personnage de la femme sur le retour, trompée, malheureuse, dans « La Voix humaine » de Jean Cocteau. C’est une pièce en un acte où elle est seule en scène. Elle répond au téléphone et on doit deviner ce que dit l’homme au bout du fil. Cela m’avait passionné.

Chèque au porteur J’avais fait cela très bien et (rires) là-dessus, des gens d’une maison de production sont venus m’écouter à l’audition et m’ont dit qu’ils souhaitaient me voir le lendemain à leurs bureaux car ils avaient peut-être un rôle pour moi. Je m’y suis rendu en me demandant quel rôle cela pouvait être. C’était pour tourner Chèque au porteur (1941) ! J’étais une jeune fille de 20 ans de l’époque (rires) avec le Jazz de Paris, Alix Combelle, Jimmy Gaillard Partenaires et bien sûr Lucien Baroux, Marguerite Pierry et Jean Tissier qui était merveilleusement drôle.

La Gazette du doublage : Avez-vous eu l’occasion de compléter votre formation artistique ?

Marc Cassot Jacqueline Ferrière : J’ai connu quelques personnes dans ma vie qui m’ont beaucoup aidée, comme cela, naturellement. Un des premiers a été Noël Roquevert avec qui j’ai beaucoup travaillé. Parfois, il réunissait chez lui une dizaine de jeunes dont Marc Cassot. Il nous disait : « Lorsque vous ne jouez pas et que vous vous ennuyez, moi je serais très heureux de vous avoir. On travaillera des pièces... » L’après-midi, on allait très souvent chez lui. Sa femme nous faisait des goûters. C’était un travail merveilleux. Dans le métier, il se donnait à 100% et il était comme cela dans la vie ! Lorsque l’on est un jeune comédien et que l’on n’a pas trop d’assurance, c’est très réconfortant d’être soutenu par un artiste de ce niveau.

Sinon, pendant deux ans, j’ai suivi les cours de René Simon. C’était un professeur exigeant et encourageant. On travaillait des scènes, des actes... Les auditions, c’étaient la peur et la joie en même temps. C’est toute une époque que je n’oublierai jamais. La meilleure, peut-être, dans mes souvenirs.

Qui de ma génération n’a pas connu René Simon ? Que l’on devienne professionnel ou non, ce sont des heures de bonheur à vivre : les cours, les copains... Le même rêve ! Je n’oublierai jamais ces années-là.