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Berlinale 2011
El Premio / Le Prix, de Paula Markovitch
Par Nicolas VILLODRE


Ce film autobiographique est par moments assez gênant, pas par son contenu, certes (analyse du fascisme ordinaire, à commencer par celui de l’enseignement scolaire, en Argentine, à la fin de l’ère péroniste) mais par sa forme. On l’a trouvé bien trop long, répétitif, narcissique, ostensiblement tristoune, surjoué ou sous-mis en scène, ce qui revient au même, et approximativement photographié – le son, ça va à peu près.

Le défilé, en pré-générique, des cartons annonçant la quantité industrielle de coproducteurs a été le seul moment de réjouissance pour les milliers de spectateurs assemblés dans l’invraisemblable Friedrichstadtpalast.

Le fait que la production soit en bonne partie mexicaine a peut-être contribué à lui donner une dimension surréaliste, ce, dès l’entame, avec la promenade le long de la mer de la fillette (captée par une caméra hésitante), dérisoirement chaussée des patins à roulettes qui entravant sa progression sur le sable humide – on pense alors à ce que Cocteau appelait « boiterie poétique ».

Plus loin, la charrette, sur fond de plage, conduite par le petit camarade de l’écolière, fera également une belle image.

L’autre élément fantastique est le refuge qui tient de la cabane de pêcheur ou d’une maison de petits cochons (cf. le fameux conte enfantin), où s’entassent les objets, les vêtements, les couches de couvertures et où cohabitent les deux protagonistes unies par un secret qu’elles doivent garder pour des raisons de sécurité.

Viviana Suraniti, la comédienne qui interprète la maîtresse d’école au comportement ambigu est tout à fait plausible. Cela mérite d’être souligné.