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Berlinale 2011
Coriolanus, de Ralph Fiennes
par Nicolas VILLODRE


Ce n’est pas la première fois qu’on adapte William Shakespeare à l’écran. Ou que l’on fait un saut dans le temps en transposant un de ses drames dans l’époque contemporaine. Tout le monde a en mémoire la réussite de West Side Story, musical inspiré du Roméo et Juliette du grand Bill… Malgré les qualités de l’interprétation – tous les comédiens sont à certain un niveau d’excellence, Fiennes himself et sa mère dans la diégèse, Vanessa Redgrave, et sa rouquine d’épouse, la photogénique et sous-exploitée Jessica Chastain, Gerard Butler, etc. –, le fait que le cinéaste ait respecté, sinon l’esprit, du moins la lettre de la pièce (= les dialogues originels), l’universalité du propos qui valide toutes les interprétations et évite, croit-on, de tomber dans l’anachronisme, on n’a pas été totalement convaincu par la mise en scène et/ou la réalisation.

Opposer Romains et Roumains (ou Yougoslaves, si vous voulez) est un angle comme un autre, une façon de mettre à jour, au goût du jour, ce texte écrit au tout début du XVIIe siècle qui se réfère à des faits et gestes de l’histoire ancienne.

Mais on a la sensation d’assister à un blockbuster bricolé vite fait bien fait, avec les moyens du bord – la BBC ne disposant pas de budgets hollywoodiens – photographié n’importe comment, caméra à l’épaule pour faire moderne, à des coups de théâtre et des effets de manche prévisibles.La tragédie ne va pas jusqu’à se changer en farce, comme disait l’autre, mais pas loin.

On s’attend à tout moment à voir débouler Sylvester Stallone. Pour vous dire.