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Berlinale 2011
Mein bester Feind, de Wolfgang Murnberger
par Nicolas VILLODRE


Le film est en 35 mm, ce qui, par les temps qui courent, est devenu extrêmement rare. Effectivement, les trois-quarts des films retenus par la sélection officielle de la Berlinale, quand ils n’étaient pas en… 3D, étaient, au minimum, en HD. L’histoire, en miroir, du faux-frère (qui sera le Juif de l’autre ?, si vous préférez), est efficace car traitée avec finesse et légèreté. Ce qui n’a pas dû être évident ni pour l’auteur du roman (Paul Hengge) d’où est tiré le film, ni pour le scénariste. La période considérée, qui va de 1938 à 1945, n’appelle pas, il est vrai, à la franche rigolade.

Mais grâce aux situations invraisemblables et à tout ce qu’on a brodé sur le thème de la lettre volée ou, plus exactement, d’un dessin attribué à Michel-Ange représentant, comme par hasard (Freund pouvant être associé, ne serait-ce que phonétiquement, à Freud), Moïse, aux nombreux rebondissements (cf. le leitmotiv de l’expert d’art italien), aux dialogues toujours drôles et intelligents, au jeu subtil de chacun des acteurs, on assiste à un film qui se laisse regarder malgré sa durée, un opus à la fois plein d’enseignement et de sagesse. On en ressort meilleur. En empathie avec le peuple persécuté par la barbarie hitlérienne.

On ne peut être qu’épaté par la gamme du Jean Dujardin allemand qu’est Moritz Bleibtreu (lequel, l’année dernière, incarnait… Goebbels à l’écran), par l’ironie d’Udo Samel, le naturel de ces acteurs qui ont accepté de jouer tout en restant crédibles les officiers SS.

On garde pour la bonne bouche la mention de l’apparition écranique de la magnifique actrice suisse Marthe Keller que nous avons le plaisir de revoir dans le rôle de la mère du héros.