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Berlinale 2011
Saranghanda, saranghaji anneunda / Après la pluie, le beau temps, de Lee Yoon-ki
par Nicolas VILLODRE


Le premier plan, séquence, aurait pu ou dû durer tout le film, on y aurait gagné en efficacité et radicalité. Malheureusement, cela n’a pas été possible ou concevable pour Mr Lee. Du coup, on reste dans le contemplatif mais tout de même acceptable. Dans le lisse, le poli ou policé pas polisson pour un sou. Le toujours et encore politiquement correct coréen. Car ce couple en instance de divorce n’a, sinon, aucun souci majeur. Pas la moindre conscience politique (les égos tous égaux !), pas le commencement d’une traite impayée, aucun scrupule.

Ce jeu de quitte ou double, de je-te-quitte-avant-que-tu-ne-partes, on connaît. On a tous plus ou moins déjà donné.

Ce qui est intéressant, ici comme ailleurs, c’est le jeu avec les nerfs des spectateurs. Le public, même composé de journalistes de cinéma, réagit mal ou mollement à la chose. Comme de vulgaires pékins. Il y a ceux qui désertent la salle mais, curieusement, pas tout de suite, comme s’ils attendaient une résolution ou un semblant de solution à leurs problèmes personnels. Ceux qui, n’osant affronter le froid ou la solitude entre deux séances, préfèrent rester en place, calés au fond de leur fauteuil rouge, bien au chaud.

Malgré les économies d’éclairage, le film est parfaitement composé, cadré, monté et interprété – dans le style naturaliste tempéré par la neutralité bressonienne.

La recette de pâtes est tout aussi minimaliste.

On a droit, par-dessus le marché, à une scène de chaton métaphorique, voire métonymique. Consciemment ou pas, à l’insu de son plein gré, Mr Lee s’identifie alors à Marcel Pagnol. On pense à La Femme du boulanger, lorsque Raimu, au lieu de s’adresser à l’objet de son courroux ou de son cocuage, se met à parler à Pompounette, qui réapparaît comme par magie.