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EDWARD S. CURTIS
Cinéaste


« Et quand il eut dépassé le pont, les fantômes vinrent à sa rencontre » (traduction approximative de l’intertitre originel : « A peine Hutter eut-il franchi le pont que le saisirent les visions étranges dont il m’avait souvent parlé »), carton de Nosferatu qui fascina les Surréalistes, autant sinon plus que le reste du film (Le Golem, qui traite du thème de la réincarnation étant également l’un de leurs films préférés), indique non seulement une façon de penser intégrant irrationnel et merveilleux, mais pourrait être une définition du 7e art.

La fantasmagorie des lanternes magiques et la magie noire de la photographie spirite qu’on retrouve dans les films à trucs du magicien blanc Georges Méliès (qui joue toujours au diable sans vraiment se prendre au sérieux), le vaudou qui imprègne les films ethnographiques pris à Haïti par Katherine Dunham puis par sa secrétaire Maya Deren, les avatars romantiques influencés par Häxan ou La sorcellerie à travers les âges, de Benjamin Christensen, les « films de genre » fantastiques, horrifiques, terrifiques dérivés du roman Dracula de Bram Stoker, incarné aussi bien par Bela Lugosi que par Christopher Lee, ou du Frankenstein de Mary Shelley, se prêtent parfaitement à leur exploitation grand-écranique.

Le cycle programmé par Marcella Lista et Pascale Raynaud au musée du Louvre en mars 2011 aura permis de découvrir que le photographe Edward S. Curtis était aussi cinéaste. Et qu’il a fait œuvre de pionnier en matière de film ethnographique, comme le prouve son moyen métrage In the Land of the Head Hunters, tourné en 1914, restauré en 1972 et en 2008 (c’est la version de 1972 qu’on a préféré projeter à Paris).