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Elina Labourdette
ELINA LABOURDETTE

Entretien réalisé le
8 août 2005
par François JUSTAMAND

Remerciements à
Pascal LAFFITTE


Elina Labourdette a commencé son métier de comédienne à l’âge de 19 ans en tournant dans Le Drame de Shangai en 1938. Après l’interruption de la guerre, elle a joué sous la direction de Robert Bresson dans Les Dames du Bois de Boulogne, un film qui l’a fait connaître du grand public.
En 1950, elle est entrée dans la compagnie Renaud-Barrault pour laquelle elle a joué de nombreuses pièces, tout en tournant, en parallèle, pour le cinéma.
En 1954, elle a prêté sa jolie voix distinguée à l’une des plus grandes vedettes hollywoodiennes du moment : Grace Kelly, pour le film Mogambo avec Clark Gable et Ava Gardner...
Par la suite, elle a fait peu de doublages car sa carrière s’est concentrée essentiellement sur le cinéma puis le théâtre.



La Gazette du doublage : Comment êtes-vous devenue comédienne ?

Elina Labourdette : Je suis née à paris le 21 mai 1919. Dès mon enfance, j’ai fait beaucoup de danse car je me destinais à cette discipline. J’en faisais des heures et des heures par jour. Et puis, j’avais une santé un peu fragile. Mes parents se sont inquiétés. Un cardiologue leur a dit : « Il faut qu’elle arrête la danse. Elle pourra faire de la gymnastique, vivre normalement mais faire de la danse à outrance. Il ne faut pas penser qu’elle soit vraiment un jour une ballerine ! » Lorsque j’ai appris cela, j’étais désespérée. J’ai tout de même continué à m’entraîner un peu car j’ai toujours ressenti le besoin de m’exprimer physiquement. En effet, dès l’âge de 6 ans, je prenais déjà des cours de danse…
Tout en continuant mes études, à 16 ans, j’ai pris des cours de comédie, d’expression avec Eve Francis. A cet âge, je ne savais pas encore dans quelle direction j’irais. Je savais que la ballerine, c’était fini pour moi. Puis, tout à fait par hasard, un ami de mon père lui a dit que Pabst, le metteur en scène autrichien, cherchait une jeune fille tout à fait dans mon style et que je devrais me présenter. Mon père était industriel, carrossier. Nous n’étions pas du tout dans le milieu du spectacle. Je suis donc aller me présenter. Il m’a posé de nombreuses questions, m’a demandé des photos et m’a dit : « On vous écrira ! » (rires).
Le Drame de Shangai Ensuite, je suis partie avec ma mère en voyage en Tchécoslovaquie. Plus tard, nous avons reçu un télégramme de Pabst disant que j’étais convoqué pour des essais. J’ai su que nous étions trois jeunes filles sur les rangs. Mes essais ont été concluants et j’ai été engagée pour un rôle important dans Le Drame de Shanghai (1938) avec Raymond Rouleau…
Ensuite, je suis allée aussi 6 mois en Angleterre prendre des cours dans une école où travaillaient les Hoffman Girls. En plus de perfectionner mon anglais, j’ai suivi des cours de chant, d’expression, de mime, de danse, de claquettes... Une vraie école de comédie musicale ! Comme j’étais toujours très attirée par la danse, je m’étais dit que la comédie musicale serait peut-être pour moi un moyen d’expression artistique moins fatiguant que la danse classique qui m’avait été interdite.