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BERLINALE 2012 : LES SABRES VOLANTS DE LA PORTE DU DRAGON
de Tsui Hark
par Nicolas VILLODRE


Il s’agit de ce qu’il est convenu d’appeler un film wuxia, une fiction du genre martial, en costumes et en trois « d » – en 3D véritables ou Real D, une des techniques polarisantes les plus convaincantes –, avec, qui plus est, la superstar Jet Li et un riche casting de mignonnes et de beaux gosses plus maquillés les uns que les autres (voire, pour deux d’entre eux, une jolie brunette et un avatar de Mr T, tatoués), fastueusement vêtus.

Le début du film a été projeté à Berlin avec des sous-titres allemands, et les organisateurs se sont sentis obligés d’interrompre la projection, l’anglais étant devenue la langue officielle outre-Rhin. Mais on n’a pas mieux compris ce qui se trame dans ce drame à base de services secrets, d’agents doubles et autres clones écraniques. Ce qui n’est pas gênant, s’agissant d’un film d’action.

Les matte paintings et les décors virtuels se collent aux vues naturelles sans problème, ce dès le magnifique générique inaugurant le film par un vertigineux travelling avant. La 3D a quelques moments de flottement, lors de certains mouvements latéraux à l’intérieur du cadre, mais elle n’est pas trop dérangeante et on se fait rapidement à cet univers de carte postale en mille-feuille, avec une échelle de quatre plans ou plus, tous plus nets les uns que les autres, donc sonnant faux.

Le seul défaut du film, magistralement mis en scène par le rénovateur du genre, Tsui Hark en personne, est son rythme. Tout est d’emblée dit. Trop de temps forts créent du temps mort, de la monotonie, un certain ennui. Une fois qu’on a admis que les combattants peuvent éviter (les flèches, les coups, les ennuis) et même léviter, et qu’on a dépassé les bornes, il n’y a plus de limites ! Comme dirait l’autre, l’abus des superpouvoirs est dangereux pour la santé…