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BERLINALE 2012 : ARTEK
de Fjodor Proworow, Wladimir Nesterow et Georgi Reisgof
par Nicolas VILLODRE


Le vaste camp de vacances destiné aux enfants, Artek, fut créé, d’après Monsieur Wikipédia, en 1925 en Crimée et était destiné, à l’époque, comme le montre le film au titre éponyme, aux pionniers les plus méritants (ou aux privilégiés de la nomenklatura) selon des critères bolcheviques léninistes puis staliniens. Le microclimat tropical contrasté et le paysage diversifié, maritime et montagneux à la fois, faisaient que le site pouvait fonctionner toute l’année – même après l’implosion de l’URSS, il est resté une destination touristique assez prisée. André Gide visita le camp lors de son voyage en URSS, l’année de la sortie de ce film, en 1936, voyage dont il revint lucidement désenchanté (il écrivit par exemple : « de cet héroïque et admirable peuple qui méritait si bien notre amour, il ne restera plus que des bourreaux, des profiteurs et des victimes »).

Les opérateurs Fjodor Proworow, Wladimir Nesterow et Georgi Reisgof mirent en scène ce film édifiant ou lénifiant sur une jeunesse saine, sportive, une brigade d’adolescents et de jeunes filles en uniforme, disciplinés comme de futurs soldats, évoluant dans une nature domestiquée. Les qualités plastiques de ce documentaire ne font aucun doute. On nous présente de magnifiques aurores boréales, des vues forestières et florales. Dès potron-minet, après un réveil en fanfare, les activités physiques se suivent et se ressemblent, cette jeunesse dorée enchaînant course, gymnastique, randonnée pédestre (hiking), rame, voile, jeux guerriers. Le soir venu, les scouts laïques font de la musique en chantant comme il se doit autour du feu de camp. En contre-jour.