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BERLINALE 2012 : CESARE DEVE MORIRE
de Fabio Cavalli
par Nicolas VILLODRE


Le film est en boucle et commence donc, très logiquement, par la fin. Une scène de théâtre, filmée en couleur, où il est question de Brutus et de César, avec des acteurs mal rasés, en tenue de ville ornée d’éléments antiques, les gros bras tatoués. Des saluts et des applaudissements. On passe aux coulisses. Et au noir et blanc. On découvre alors l’intérieur de la prison de Rebibbia à Rome.

Les acteurs sont des détenus du quartier de haute sécurité, formés dans le cadre d’un atelier théâtral animé par Fabio Cavalli, dans son propre rôle de metteur en scène et de directeur d’un casting assez étonnant. En gros plan, défilent alors, un à un, les comédiens, rejouant pour la caméra des frères Taviani, la scène des débuts de cette expérience de réinsertion par le théâtre, voisine de l’art-thérapie, un essai qui deviendra concluant et se transformera en véritable œuvre d’art par l’inspiration de tous et de chacun.

Un texte de Shakespeare (le Jules César), une traduction en italien des rues, et même en patois, des accents des régions les plus diverses, étranges et étrangers, un travail réel, des mois durant, à ressasser, ruminer, réfléchir aux questions d’actualité déjà là dans le texte. Et le reflet à peine déformé de l’envers des choses, du refoulé carcéral, aussi réel que le spectacle qui en est donné.

La grâce. Dans tous les sens du terme. Certains prisonniers ont écrit des livres. Ou sont sortis meilleurs du milieu carcéral.