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La Gazette du doublage : Vous avez doublé de nombreux acteurs britanniques, comme Simon MacCorkindale dans Mort sur le Nil, Nicholas Clay dans Meurtre au soleil. Qui dirigeait les « Agatha Christie » ?

Jean Roche : Mort sur le Nil, je crois bien que c’était Droze qui l’avait dirigé. C’était un produit S.N.D., on l’avait enregistré dans les studios de Boulogne.

La Gazette du doublage : Christian Dura était à l’adaptation.

Jean Roche : Dura faisait tous les bons films. Avec moi, il a été formidable. Sur le début de l’adaptation, il m’a appris beaucoup de choses. Il a été très gentil.

La Gazette du doublage : Dans ces deux « Agatha Christie », Jane Birkin joue et est venue se doubler.

Jean Roche : Elle était adorable ! Comme j’habitais pas loin de chez elle, je l’emmenais en voiture à Boulogne, elle était toujours avec son petit panier. Très gentille.

La Gazette du doublage : Souvent les vedettes qui jouent dans des films et viennent se doubler elles-mêmes le font à part.

Jean Roche : Oui, souvent ils doublent à part. Là c’était ensemble. Jane disait : « je veux entendre ce que l’on me dit ! »

La Gazette du doublage : Dans l’esprit des décideurs, étiez-vous assimilé à ce genre de personnages distingués britanniques ?

Jean Roche : J’étais beaucoup plus assimilé à ces gens là. Quand je me retrouvais sur le camionneur gros dur, je n’étais pas du tout à l’aise, je ne savais pas le faire.

La Gazette du doublage : En 1976, vous avez doublé deux Sherlock Holmes : Roger Moore dans Sherlock Holmes à New York et Nicol Williamson dans Sherlock Holmes attaque l’Orient Express. Avez-vous gardé un souvenir particulier de ces films ?

Jean Roche : Roger Moore, c’est un acteur que j’adore.

La Gazette du doublage : Après la mort de Claude Bertrand, Roger Moore a eu plusieurs voix françaises, dont Claude Giraud. Vous prendre n’aurait pas été une mauvaise idée.

Jean Roche : Je n’aurais pas demandé mieux ! Il y a parfois des comédiens qui sont irremplaçables, comme Sauvion sur Columbo. Quand les imitateurs imitent Columbo, ils imitent Sauvion. De même que Dorval sur Stallone. Autrement, il faut dire que les cimetières sont pleins de gens irremplaçables !

La Gazette du doublage : Mis à par Billy Dee Williams et Charles Shaughnessy, vous avez rarement suivi vocalement de acteurs sur plusieurs films, alors que certains comédiens faisant de la synchro deviennent la voix habituelle de tel acteur étranger. Comment expliquez-vous cela ?

Jean Roche : Charles Shaughnessy, cela date d’Une nounou d’enfer, j’ai quelques acteurs sur lesquels on me dit : « c’est toi qui le doubles »., Surtout beaucoup d’acteurs allemands, pour lesquels j’ai de plus en plus d’admiration. Ce sont tous des acteurs de théâtre, d’abord, on leur dit de jouer une bluette. Ils y vont carrément ! Tandis que le reproche que je nous fais, à nous, acteurs français, c’est que l’on joue un truc en disant : « Attendez, je vous joue ça, mais je ne le suis pas, hein ! » Comme quand Clavier joue La cage aux folles il le joue en disant : « je joue les folles mais je n’en suis pas une ! » Alors que la grande qualité de Poiret et Serrault, c’est qu’ils y sont allés à fond, ils n’ont pas cherché à truquer.

La Gazette du doublage : Quel acteur auriez-vous aimé suivre vocalement ?

Jean Roche : Michael Caine me plait énormément comme acteur, parce qu’il a ce côté britannique.