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SKYFALL
de Sam Mendes
par Julien ABAUZIT
et François JUSTAMAND

A moins d’habiter sur la planète Mars, tout le monde ou presque sait qu’en cette fin d’année 2012, James Bond célèbre ses 50 ans au cinéma. Qui croyait en lui en 1962, à part son créateur Ian Fleming, et ses deux producteurs Cubby Broccoli et Harry Saltzman ? Réponse : pas grand monde... Pourtant 50 ans plus tard, même si l’agent 007 ne conduit plus d’autogyre ou de Lotus Esprit amphibie, et si ses adversaires n’ont plus de bases dans le cratère d’un volcan, sous l’eau ou dans l’espace, il est toujours présent et on ne finit pas de l’aduler. Skyfall est le 23ème film de la saga, un film où Bond est en prise avec ses démons intérieurs...



La résurrection de Bond

En 2006, James Bond recommence une nouvelle vie cinématographique. Après l’extravaganza que fut Meurs un autre jour, le dernier Bond de Pierce Brosnan, il était peut-être temps de revenir aux sources, à un espion plus proche de celui imaginé par Fleming, qui correspondrait plus à notre époque en crise. A la manière de Christopher Nolan et de la Warner avec Batman Begins, Barbara Broccoli et Martin Campell se permettent de « rebooter » Bond avec l’audacieux Casino Royale.

Deux ans après, Quantum of Solace déçoit même si le film n’est pas si mauvais que cela mais a souffert d’une réalisation fade, de la grève des scénaristes (dixit Daniel Craig) et d’un montage épileptique.

Quatre ans plus tard, après un énième procès avec la MGM, notre James peut fêter dignement son 50ème anniversaire… Pour les nostalgiques, James a bien changé, il est entré de plein pied dans une nouvelle ère. Et pourtant, Sam Mendes parvient avec brio, dans ce 23ème opus, à faire le lien entre le James Bond de Fleming, celui de Broccoli père et celui de Casino Royale (vous remarquerez qu’on ne parle même plus de Quantum...). Un véritable tour de force !

Pour la première fois (sans doute) James Bond bénéficie d’un véritable réalisateur de cinéma. Bien plus qu’un simple metteur-en-scène de film d’action, Sam Mendes offre au spectateur un film à la beauté plastique impeccable. Le spectacle proposé pendant 2h23 est admirablement bien maîtrisé : un savant dosage d’actions, de scènes de dialogues et de romance permettent au réalisateur d’explorer en profondeur la relation qui lie James bond à M mais plus généralement au MI6.

Revenons en détails sur les quelques passage obligés du mythe James Bond.

Le pré-générique

Le pré-générique dans un James Bond c’est un peu comme l’Alpes d’Huez lors du Tour de France : un moment de bravoure où il se passe toujours quelques choses… Pour Skyfall, on débute (comme toujours sous l’ère Craig) sans Gunbarrel (une déception), et on est déjà plongé dans l’action, sans véritables préliminaires :poursuite en moto sur les toits d’Istanbul et destruction d’un train avec une pelleteuse (idée originale)… du classique en somme. Mais c’est à la fin qu’on est dans l’originalité : 007 est abattu…, par son équipière, la sportive Eve. Et même si on l’a déjà vu mourir dans On ne vit que deux fois et qu’on se doute qu’il va revenir, on rentre de plein pied dans le sujet du film : James Bond est vulnérable, et tout super héros qu’il est, ce n’est rien d’autre qu’un pion de M et de son MI6