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Berlinale 2013 :
La Religieuse
Par Nicolas VILLODRE


On a eu droit à une très correcte illustration du roman de Diderot, destinée au petit écran plus qu’à l’exploitation en salle, pensons-nous, avec une distribution intéressante, en même temps qu’inattendue. La jeune Pauline Étienne, dans le rôle-titre, a à peu près l’âge qui convient au personnage et ce côté « naturel » d’une effrontée plus que d’une révoltée, cette gouaille sobrement exprimée et canalisée par une mise en scène minimaliste – bressonnienne.

Louise Bourgoin est très crédible dans son incarnation de mère supérieure tout de même un peu sadique sur les bords. Isabelle Huppert est toujours juste. Elle et/ou le réal ont opté pour une certaine distanciation et, de ce fait, la lesbienne attirée par la chair fraîche qu’elle joue de façon explicite, paraîtra sans doute un peu caricaturale à certains, et comique à d’autres. Mais la situation l’est aussi, par son absurdité. La critique sociale de Diderot est un peu estompée par l’anecdote, les costumes et la déco. Mais jamais totalement absente, en fin de compte – le personnage de l’avocat représentant le seul espoir de la recluse à vie symbolise la bourgeoisie éclairée qui, peu de temps après, initiera avec nombre de ses confrères, la Révolution française.

Il ne fait pas de doute qu’on retrouvera la jeune comédienne dans d’autres compositions, au théâtre et au cinéma…