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Alone in the Dark
ALONE IN THE DARK
De Jack Sholder
Par Pascal LAFFITTE

SYNOPSIS : L’excentrique Docteur Leo Bain (Donald Pleasence) dirige un institut psychiatrique dont le système de sécurité fonctionne exclusivement à l’électricité. Le Docteur Dan Potter (Dwight Schultz), un nouveau collègue s’installe en ville avec sa famille. Arrivé dans l’institut, il est assez mal accueilli par quatre des pensionnaires : le colonel Frank Hawkes (Jack Palance), un ancien prisonnier de guerre, Byron « Preacher » Sutcliff (Martin Landau), un ancien prêtre qui brûlait les églises remplies de paroissiens, Ronald « Fatty » Elster (Erland van Lidth) un pédophile, et John Skagg « The Bleeder » (Phillip Clark) un maniaque qui cache toujours son visage et saigne du nez lorsqu’il tue. Ces dangereux psychopathes pensent que le Docteur Potter a tué le médecin qu’il remplace dorénavant. Une nuit, lors d’une coupure générale de courant, les quatre malades s’enfuient, bien décidés à massacrer le Docteur Potter et les siens.



POINT DE VUE

Attention ! Ne pas confondre le premier film de Jack Sholder, Alone in the Dark (1982), que le studio Image Entertainment a eu la bonne idée de sortir en 2005 dans une bonne édition DVD, avec le film au nom identique dirigé par Uwe Boll en 2005. Alors que le premier est un intéressant petit thriller, le second est une adaptation d’un jeu vidéo, avec le fade Christian Slater…

Autodidacte, Jack Sholder n’a pas fait d’études de cinéma et commença sa carrière comme monteur de bandes-annonces pour New Line Cinema. Il eut un jour une idée de scénario qu’il proposa au studio : une bande de maniaques s’évadent d’un asile lors d’une panne de courant et terrorisent le quartier de Little Italy, ils se retrouvent vite traqués par la Mafia. New Line Cinema fut enthousiaste, cependant pour des raisons budgétaires, le film ne fut pas tourné à New York, mais à la campagne, et l’histoire fut considérablement modifiée.

Donald PleasenceLe tout nouveau réalisateur intimidé de tourner avec des pointures telles que Donald Pleasence, Martin Landau et Jack Palance, se retrouva face à quelques difficultés. Tout d’abord, le responsable des effets spéciaux ayant un problème d’alcoolisme, il dut être remplacé en urgence par Tom Savini qui fit des miracles avec un maquillage à base de céréales Rice Crispies ! Ensuite, Jack Palance pensant avoir été engagé pour jouer le rôle du docteur tenu par Donald Pleasence et non pour le rôle de chef des maniaques, s’avéra parfois peu coopératif. Alors pourtant que le titre du film était assez clair sur le sujet, Palance ne fut guère enthousiasmé par un tournage de nuit. Il refusa aussi que son personnage en tue un autre, ce qui obligea le réalisateur à modifier le scénario pour que ce soit l’un des autres malades qui se charge du meurtre.

Dans Alone in the Dark, Jack Sholder s’intéresse moins à montrer des scènes de massacre qu’à étudier le comportement des différents protagonistes durant la panne de courant. En ville, la population se met à piller les magasins, les quatre évadés en profitent pour se mêler à la foule et faire du shopping en se choisissant chacun une arme. Donald Pleasence est assez drôle en directeur d’asile fumant de la marijuana, finalement aussi fou que ses patients, tandis que Martin Landau force un peu dans le registre du prêcheur aux yeux exorbités. C’est surtout Jack Palance qui impressionne en militaire imprévisible, sa composition est véritablement glaçante. Dwight Schultz est plutôt convaincant en Docteur Potter, un homme persuadé qu’en demeurant rationnel jusqu’au bout, il pourra sauver sa famille menacée par des déments. Ironie du destin, un an plus tard l’acteur deviendra célèbre en interprétant dans la série L’agence tous risques, le capitaine « Howling Mad » Murdock, dont la raison a définitivement été ébranlée par son expérience traumatisante au Vietnam.