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The Day of the Triffids
THE DAY OF THE TRIFFIDS
De Ken Hannam
Par Pascal LAFFITTE

SYNOPSIS : Bill Masen (John Duttine) travaille dans une ferme cultivant des Triffids, plantes géantes carnivores dont est extraite une huile précieuse. Blessé à la tête par l’une d’elle, il est hospitalisé. Son bandage lui couvrant les yeux, il ne peut admirer le passage d’une comète. Or le lendemain de l’événement, toute la population se réveille aveugle à cause de la luminosité de la comète. Bill se met à errer dans un Londres qui s’écroule, en se croyant le seul humain dont la vue est intacte. Il rencontre pourtant Josella ‘Jo’ Payton (Emma Relph) qui, elle aussi, est rescapée. Avec horreur, les deux jeunes gens réalisent que les Triffids profitent de la situation de chaos pour faire des aveugles leurs proies. Que faire ? Fuir la menace ou aider les personnes privées de vue ?



POINT DE VUE

Emma Relph et John DuttineLe roman The Day of the Triffids de John Wyndham (1903-1969), publié en 1951 avait fait l’objet au cinéma d’une adaptation guère fidèle, réalisée en 1962 par Steve Sekely (1899-1979). Produite pour la télévision anglaise par la British Broadcasting Corporation (BBC), la mini-série The Day of the Triffids s’efforce de se rapprocher davantage du livre. Elle semble avoir été une source d’inspiration importante pour 28 jours plus tard (Danny Boyle, 2002) qui reprend à son compte bon nombre de ses idées (une catastrophe frappe l’humanité ; le héros se réveille seul dans un hôpital ; rencontre l’âme sœur ; découvre qu’il y a des survivants dans la ville, grâce à des signaux dans la nuit ; enfin, des militaires peu scrupuleux contrecarrent les plans des rescapés).

Mise en scène par Ken Hannam (1929-2004), la mini-série n’insiste pas sur l’aspect fantastique du roman. La menace représentée par les végétaux géants est secondaire. Les plantes Triffids sont peu montrées, ce qui n’est pas plus mal car, sorte d’orchidées géantes crachant du venin, elles ne sont ni très crédibles, ni très effrayantes. En fait, comme dans les films de zombies de George A. Romero, le danger principal dans The Day of the Triffids vient des hommes ; que ce soit les hordes d’aveugles qui hantent les rues pour trouver à manger, ou les militaires désirant instaurer un ordre nouveau.

The Day of the Triffids s’intéresse à la manière dont le genre humain peut survivre en situation de crise, dans un monde où la plupart des hommes sont privés de la vue, où les plantes carnivores sont devenues les prédateurs n°1 sur la Terre. Différentes réactions sont étudiées. Les aveugles veulent surtout capturer les voyants, pour utiliser leur vue dans la recherche vitale de nourriture. Quant aux rares individus qui voient, ils sont partagés ; certains ne pensent qu’à s’échapper sans avoir à s’occuper des aveugles, d’autres projètent déjà de repeupler la planète, en remettant en cause les rapports monogames.

Emma RelphContrebalançant les effets spéciaux assez vétustes, l’interprétation est l’un des points forts de la mini-série, que ce soit tous les acteurs feignant d’être aveugles, ou encore John Duttine, très convaincant dans le rôle d’un homme dont les priorités évolueront au fil de l’histoire (doit-il ne penser qu’à sa propre survie ? Doit-il au contraire se consacrer à aider les aveugles ?) Seul le dernier épisode souffrira de la médiocrité du jeu de Gary Olsen, guère subtil dans la peau du militaire Torrence. Beaucoup de thèmes passionnants sont abordés dans The Day of the Triffids, certains sont malheureusement à peine effleurés par manque de temps. La série procure un léger sentiment de frustration, de par sa brièveté. En vérité, chaque épisode aurait pu facilement durer une heure, au vu de la richesse du récit.