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La colline des hommes perdus
LA COLLINE DES HOMMES PERDUS
De Sidney Lumet
Par Pascal LAFFITTE

SYNOPSIS : Un camp militaire disciplinaire anglais en Afrique du Nord, pendant la Seconde Guerre Mondiale. Le Sergent Major Bert Wilson (Harry Andrews) impose aux prisonniers de continuellement gravir et descendre une colline sous un soleil de plomb. Parmi ses subordonnés, le Chef Charlie Harris (Ian Bannen) désapprouve ses méthodes cruelles, contrairement au Chef Williams (Ian Hendry) qui les applique avec zèle. Cinq nouveaux prisonniers se retrouvent confiés à Williams. Joe Roberts (Sean Connery) a frappé son supérieur direct après avoir refusé un ordre décisif, le soldat noir Jacko King (Ossie Davis) a volé trois bouteilles de whisky, George Stevens (Alfred Lynch) a tenté de déserter pour rejoindre sa femme, Monty Bartlett (Roy Kinnear) a pratiqué du marché noir, tandis que Jock McGrath (Jack Watson) s’est battu en état d’ivresse. Sadique et refoulé, le Chef Williams entreprend de persécuter particulièrement le fragile Stevens et le solide Roberts.



Sean ConneryPremière des quatre collaborations entre le réalisateur Sidney Lumet et l’acteur Sean Connery, La colline des hommes perdus est l’adaptation poignante d’une pièce de Ray Rigby et R.S. Allen. Habitué à mettre en image des œuvres théâtrales (Douze hommes en colère, Vu du pont, La mouette, Les yeux de satan, Equus), Sidney Lumet réalise avec ce film l’un des plus captivants huis clos carcéraux. Le titre français, La colline des hommes perdus, est plus évocateur que son homologue anglais, The Hill. En effet, tant les gardiens que les prisonniers de ce camp militaire du désert de Libye, sont des hommes perdus. Les uns perdent leur humanité à force d’infliger des traitements dégradants, les autres perdent leur énergie, leur raison ou même leur vie à force de brimades. Tel Sisyphe qui puni par Zeus, devait perpétuellement pousser un rocher en remontant une pente, les prisonniers de La colline des hommes perdus doivent monter inlassablement une colline, en suivant les ordres de militaires se prenant pour des dieux. Lumet a recours a de longs travellings nous donnant un aperçu de l’étendue dérisoire de l’univers constitué par cette prison, dont la colline est le point central. Parfois, la caméra se fait subjective pour faire partager au spectateur le sort des damnés montant jusqu’à épuisement le promontoire de sable.

Apre et désespéré, dénonciation des abus de pouvoir susceptibles de sévir dans l’Armée, La colline des hommes perdus offre de formidables numéros d’acteurs, dans une distribution presque exclusivement masculine (la seule femme de l’ensemble est la prostituée fréquentée par le Commandant). On ne peut que saluer l’intelligence de Sean Connery qui dès le milieu des années 60, refusa d’être écrasé par le rôle de James Bond et s’essaya à d’autres expériences. Le soldat Joe Roberts est un homme refusant l’injustice. Après s’être retrouvé dans ce camp disciplinaire pour avoir désobéi à un ordre inique, il sera confronté à une situation tout aussi révoltante. La mort de l’un de ses camarades par la faute du chef Williams, le poussera une seconde fois à se dresser contre une autorité immorale. Pendant que la Seconde Guerre Mondiale bat son plein Roberts engage une guerre personnelle contre Williams, afin que la culpabilité de ce dernier soit reconnue et qu’il ne puisse plus jamais nuire.