Annuaire boutique
Librairie Lis-Voir
PriceMinister
Amazon
Fnac

 
     




 

 

 

 

Invasion of the Body Snatchers
L’INVASION DES PROFANATEURS
De Philip Kaufman
De Pascal LAFFITTE

SYNOPSIS : Fonctionnaires au service d’hygiène de San Francisco, Matthew Bennell (Donald Sutherland) et Elizabeth Driscoll (Brooke Adams) découvrent avec horreur que les habitants de la ville sont progressivement clonés par une espèce végétale venue de l’espace.



POINT DE VUE

Brooke Adams en mode podA ce jour, le roman « The Body Snatchers » de Jack Finney (1911-1995) a été adapté quatre fois au cinéma : Invasion of the Body Snatchers (Don Siegel, 1956), Invasion of the Body Snatchers (Philip Kaufman, 1978), Body Snatchers (Abel Ferrara, 1993), et The Invasion (Oliver Hirschbiegel, 2007). La version de Don Siegel - fort débilement titrée en français L’invasion des profanateurs de sépulture parce que le traducteur pensait qu’il s’agissait d’une adaptation du roman de Robert Louis Stevenson The Body Snatchers / Les pourvoyeurs de cadavres - sous couvert de science-fiction, pouvait être interprétée comme une dénonciation de la propagation du communisme, ou à l’inverse, de la paranoïa maccarthyste. Celle de Kaufman se démarque du contexte politique d’après-guerre pour ne retenir que l’aspect fantastique du récit. Quelques humains luttent pour ne pas perdre leur individualité dans un monde contraint au renouveau par la domination inévitable des pods dépourvus du poids des émotions. Sur Terre, l’homme n’est plus l’ultime prédateur, supplanté par une autre forme de vie se substituant insidieusement à lui.

Le remake de Invasion of the Body Snatchers arrive à captiver autant que son prédécesseur des années 50, grâce au talent de Kaufman à installer une ambiance étrange, en ayant notamment recours à des cadrages assez inhabituels. L’accompagnement sonore assez bizarre de Denny Zeitlin contribue parfaitement à provoquer l’angoisse et s’avère tout aussi approprié pour le film que l’étaient les sonorités très expérimentales conçues par Louis et Bebe Barron pour Forbidden Planet (Fred M. Wilcox, 1956). Très réussis, les effets spéciaux font fi de la suggestion et montrent longuement, de façon fascinante, comment les végétaux clonent les humains dans leur sommeil, pour ne plus en laisser qu’une enveloppe desséchée.