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Voyage to the Bottom of the Sea
LE SOUS-MARIN DE L’APOCALYPSE
D’Irwin Allen
Par Pascal LAFFITTE

SYNOPSIS : L’Amiral Harriman Nelson (Walter Pidgeon) est le concepteur d’un sous-marin atomique ultra perfectionné. Au moment de l’inauguration du submersible, la ceinture radioactive Van Allen entourant la terre s’embrase subitement, en provoquant un alarmant réchauffement de la planète. Contre l’avis de la communauté scientifique, Nelson entreprend de se rendre aux îles Marianas d’où il lancera un missile afin de détruire la ceinture de radiations. Au cours du voyage menacé non seulement par une mutinerie mais par les agissements d’un saboteur, le Capitaine Lee Crane (Robert Sterling) doute de plus en plus du bien-fondé de l’expédition.



POINT DE VUE

Walter PidgeonProducteur, scénariste, réalisateur, Irwin Allen (1916-1991) a peuplé le grand et le petit écran des années 60/70 de films et séries spectaculaires, principalement destinés à un public très jeune. Très souvent, il y était question de confronter un groupe d’hommes à d’impressionnantes catastrophes, pouvant se dérouler sur mer (The Poseidon Adventure, Ronald Neame, 1972) comme sur terre (The Towering Inferno, John Guillermin et Irwin Allen, 1974). Au 21e siècle, il est possible d’accorder une vertu prophétique à Voyage to the Bottom of the Sea puisqu’il y est question du problème ô combien actuel du réchauffement de la planète. Mais pour Allen, cette catastrophe écologique est moins une mise en garde destinée aux générations futures qu’un prétexte pour justifier son film d’aventure. Ce qui compte, c’est de distraire à grands renforts d’effets spéciaux composés en partie de maquettes et de retro-projections. A l’époque de la sortie du film, le public a sûrement été impressionné par la maquette du sous-marin le Seaview, nettement plus convaincante que les trains miniatures auxquels Alfred Hitchcock avait recours dans les longs-métrages de sa période anglaise ! Maintenant, ces effets spéciaux d’un autre âge ont surtout un charme des plus désuets.

Voyage to the Bottom of the Sea nous narre le trajet d’un sous-marin dont l’équipage est soumis à rude épreuve par l’Amiral Harriman Nelson, persuadé qu’il détient la solution pour sauver la planète. Le scénario d’Allen laisse jusqu’à la fin planer le doute sur le militaire incarné par Walter Pidgeon. A-il toute sa raison et la solution qu’il préconise (lancer un missile sur la ceinture radioactive transformant la Terre en fournaise) est-elle à tenter ? Une autre incertitude concerne l’identité du saboteur s’acharnant à empêcher Nelson d’atteindre son objectif. Malheureusement le long-métrage d’Irwin Allen tend plus à lasser qu’à captiver. Les péripéties rencontrées par le Seaview, comme l’attaque par un calamar géant en caoutchouc n’ayant rien à envier à celui de 20000 Leagues Under the Sea (Richard Fleischer, 1954), la traversée d’un champ de mines, ou l’attaque du sous-marin par une véritable pieuvre, témoignant d’une volonté de ménager un certain suspens, ne parviennent pas à pallier les incohérences irritantes du scénario (à un moment, Nelson a la possibilité de débarquer un homme ayant de fortes chances d’être le saboteur, mais il ne fait rien, plus tard ledit saboteur, dont on taira l’identité, se fait tuer par un requin dans un bassin, tandis que le Capitaine Crane, assommé, laisse traîner son bras dans ce bassin sans se le faire arracher).