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Saints-Martyrs-des-Damnés
SAINTS-MARTYRS-DES-DAMNÉS
De Robin Aubert
Par Pascal LAFFITTE

SYNOPSIS : Des gens disparaissent dans un petit village éloigné du Québec. Envoyés par Raoul Bosh (Pierre Collin), l’éditeur d’un journal traitant du surnaturel, un journaliste, Flavien Juste (François Chénier) et son photographe, Armand Despas (Patrice Robitaille), se rendent à Saints-Martyrs-des-Damnés pour tenter de résoudre l’énigme et écrire un article. Arrivé au village, Flavien et Armand sont hébergés à l’auberge des Deux Malvina. Sorti pour prendre des photos, Armand disparaît subitement. Flavien fera tout pour le retrouver, sous le regard inquisiteur des villageois. Il refusera de partir sans son meilleur ami, au risque de découvrir des choses qu’il aurait aimé ne pas savoir.



POINT DE VUE

Saints-Martyrs-des-DamnésPremier long-métrage de Robin Aubert, Saints-Martyrs-des-Damnés mérite l’attention car il appartient à la catégorie bien trop rare des thrillers fantastiques québécois. Le grand talent de Robin Aubert est d’installer presque immédiatement une ambiance étrange. Très rapidement, l’angoisse s’installe. Flavien arrive dans le village hostile de Saints-Martyrs-des-Damnés, pour perdre tous ses repères lorsque son ami photographe s’évapore inexplicablement. Qu’est-il arrivé à Armand ? Est-il encore en vie ? Et avant lui, où sont passés tous les gens mystérieusement disparus dans cet endroit maudit ? A l’instar du héros d’Angel Heart (Alan Parker, 1987), le journaliste Flavien Juste ne sortira pas indemne d’une enquête tortueuse, le touchant de plus en plus intimement. Le cinéaste qui est aussi le scénariste, s’amuse à peupler le village d’une faune bien particulière : une mariée cadavérique qui apparaît de temps en temps à Flavien, un garagiste masqué plutôt irascible, une aubergiste strip-teaseuse aux charmes un peu fanés, dont le fils mongolien est l’un des rares habitants amicaux envers le journaliste, un maire aux méthodes mafieuses, et quelques autres encore. Tout le monde semble avoir la clé du mystère, mais les langues ne se délient pas facilement pour aider Flavien dans sa quête de la vérité.

Bénéficiant d’un travail remarquable du directeur de la photographie Steve Asselin, ainsi que du directeur artistique David Pelletier, ce film aux teintes principalement nocturnes évoque de nombreuses références. Par exemple, la bizarrerie des personnages doit sûrement beaucoup aux œuvres de David Lynch, comme la série Twin Peaks (1990-1991) ou le vénéneux Lost Highway (1997), voire à l’univers décalé de Riget (Lars Von Trier et Morten Arnfred, 1994-1997). Une scène « onirique » dans la sordide auberge des deux Malvina fait également penser à ce que qui se passait dans l’Overlook Hotel de Shining (Stanley Kubrick, 1980). Le réalisateur se paye même un hommage discret aux duels au soleil des westerns spaghetti du maître Sergio Leone. Le fait que le patron de Flavien s’appelle Bosh est-il un clin d’œil à l’œuvre « diabolique » du peintre flamand Hieronymus Bosch (1450-1516) ? Toujours est-il que Flavien croisera une créature hybride qui n’aurait sans doute pas déplu à cet artiste ! Une curieuse création en silicone et en verre pouvant par ailleurs facilement rivaliser avec celles coutumières du cinéma fantastique américain.