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No Way Out
LA PORTE S’OUVRE
De Joseph L. Mankiewicz
Par Pascal LAFFITTE

SYNOPSIS : Durant un cambriolage, le malfrat Ray Biddle (Richard Widmark) et son frère George (Harry Bellaver) sont blessés par la police. Transportés à l’hôpital, George décède subitement, malgré les soins du jeune docteur noir, Luther Brooks (Sidney Poitier). Ray Biddle tient Luther Brooks pour responsable de la mort de son frère et n’a plus en tête qu’une envie de vengeance. Même soutenu par son supérieur, le Docteur Dan Wharton (Stephen McNally), Brooks n’arrive pas à obtenir que soit effectuée une autopsie sur le cadavre, susceptible de l’innocenter. De son lit d’hôpital, Ray se sert d’Edie Johnson (Linda Darnell), l’ex-femme de son frère, pour contacter des amis à lui partageant ses idées racistes, dans l’idée d’organiser une expédition punitive dans les quartiers noirs de la ville.



POINT DE VUE

Sidney PoitierPendant longtemps, la ségrégation raciale sévît a Hollywood, malgré la reconnaissance limitée de certaines actrices noires au début des années Trente, comme Nina Mae McKinney. Le producteur Daryl F. Zanuck fit alors preuve d’une grande ouverture d’esprit en orientant le studio Fox vers des projets mettant en lumière des questions raciales, comme Gentleman’s Agreement (Elia Kazan, 1947), Pinky (Elia Kazan, 1949) et No Way Out (Joseph L. Mankiewicz, 1950). Co-scénarisé et réalisé tout de suite avant All About Eve (1950) qui assura à Joseph L. Mankiewicz non seulement l’Oscar du meilleur réalisateur mais aussi celui du meilleur scénario, No Way Out est un drame social aux thèmes qui demeurent malheureusement d’actualité. Le racisme et l’incompréhension ont et auront toujours la vie dure. Un homme blanc raciste trouve une justification à sa vie lamentable en tenant pour responsable de la mort de son frère un médecin noir. Il s’enfoncera de façon inéluctable dans sa haine aveugle.

Certes le film de Mankiewicz pâtit de certains dialogues explicatifs, ainsi que de scènes quelque peu démonstratives, notamment celles se situant dans la famille de Luther Brooks. Mais il convient de se replacer dans le contexte social des années Cinquante pour réaliser combien il était novateur à l’époque de présenter à l’écran des personnages noirs comme des gens normaux, ayant une vie de famille comparable à celle des blancs. Alors âgé de 23 ans, Sidney Poitier faisait sa première apparition remarquée sur grand écran, sous la direction de Joseph L. Mankiewicz. Premier acteur noir à obtenir un Oscar comme meilleur acteur, pour le film Lilies of the Field (Ralph Nelson, 1963), il s’efforça durant toute sa carrière de combattre la mentalité hollywoodienne de n’offrir aux acteurs noirs que des rôles stéréotypés. Parmi les membres de la famille Brooks, on reconnaît au passage Ossie Davis et son épouse Ruby Dee au tout début de leur long parcours au cinéma.