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Blade Runner
BLADE RUNNER
De Ridley Scott
Par Pascal LAFFITTE

SYNOPSIS : Los Angeles, novembre 2019. Rick Deckard (Harrison Ford) fait partie des Blade Runners, unité spéciale de la police, chargée d’exterminer les androïdes qui s’infiltrent sur terre. Il se voit confier la mission d’éliminer quatre « réplicants », dont l’un d’eux (Rutger Hauer) cherche à rencontrer son créateur : le tout puissant Eldon Tyrell (Joe Turkell). Chez Tyrell, Deckard rencontre la très belle Rachael (Sean Young). Femme ou androïde ?



POINT DE VUE

Harrison FordIl est bien difficile de dire quelque chose d’original au sujet de Blade Runner, sachant que ce film mythique a été maintes et maintes fois chroniqué, et que les sites internet qui lui sont dédiés sont légion. Réalisé par Ridley Scott, auteur, entre autres, d’Alien (1979) et de Gladiator (2000), Blade Runner adapte de façon très libre un roman du prolifique Philip K. Dick (1928-1982). Homme marqué par la dépression, la paranoïa, et une vie conjugale assez tourmentée, Dick trouva dans la science-fiction un terrain de prédilection pour projeter une part de son vécu. Dans beaucoup de ses ouvrages, on remarque des thèmes récurrents, comme la vision extrêmement aigre des rapports entre homme et femme, la quasi-impossibilité de communiquer avec autrui, ainsi que caractère très ténu de la réalité. Dans son livre Blade Runner, paru en 1968 sous le titre Do Androids Dream of Electric Sheep ?, ce n’est pas un hasard si le mariage de Rick Deckard avec Iran n’est pas au beau fixe. Le Blade Runner s’évade dans le rêve, en imaginant qu’un jour, il pourra remplacer son mouton électrique par un véritable animal. Ce qui s’avère impossible sur une planète où la vie animale est pratiquement éteinte. Le long-métrage de Ridley Scott élimine le personnage d’Iran ainsi que l’obsession du héros pour les animaux vivants, en resserrant l’intrigue sur la traque de Deckard, chargé de faire disparaître des androïdes à la soif de vivre les rapprochant ô combien des humains.

Plus de trente ans après sa création, Blade Runner frappe toujours autant par sa richesse visuelle incroyable, par ses nombreux plans d’une grande beauté graphique, très souvent dominés par les teintes noir et or. D’une grande maîtrise, les effets spéciaux réussissent à rendre réaliste le Los Angeles délabré de 2019, déserté par ses habitants lui préférant l’exil dans les colonies de l’espace. Le film contient aussi des idées assez originales, comme ce test Voigt-Kampf (d’ailleurs présent dans le roman de Dick), permettant aux Blade Runners de déterminer si un interlocuteur est humain ou non, en examinant les réactions de ses pupilles. Il y a aussi cette machine servant à visiter les moindres recoins d’une photo, y compris ses plans cachés ! Les personnages sont aussi mémorables que les objets. Entre deux Star Wars et Indiana Jones, Harrison Ford trouve l’un de ses meilleurs rôles en chasseur de primes fatigué de tuer. Sa lassitude se ressent dans ses réflexes de plus en plus émoussés. A chaque confrontation avec l’un des réplicants qu’il doit tuer, Deckard se retrouve en fâcheuse posture, de moins en moins apte à accomplir sa mission, ce qui peut le mener à être abattu à son tour. A cela s’ajoute son dilemme d’aimer Rachael (Sean Young) qui n’est autre qu’un androïde qui jusqu’alors ignorait sa condition. Comme mesure de sûreté, il a été prévu génétiquement que les réplicants auraient leur vie limitée à quatre ans. Dans la peau de Roy Batty, androïde à la recherche d’un moyen d’allonger cette durée, le hollandais Rutger Hauer impressionne par son mélange d’expressions enfantines ou hallucinées. Quant à la belle mais redoutable Pris, la réplicante amante de Batty, incarnée par Daryl Hannah, elle aurait facilement pu se débarrasser définitivement de Deckard, si elle n’avait pas pris autant d’élan pour l’achever.