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Prince of the City
LE PRINCE DE NEW YORK
De Sidney Lumet
Par Pascal LAFFITTE

SYNOPSIS : L’enquêteur Daniel ‘Danny’ Ciello (Treat Williams) appartient à la brigade des stupéfiants de New York. Son service couvre toute la ville, appliquant la loi sans contrôle direct. Comme ses collègues, Ciello a plusieurs fois commis des illégalités dans le cadre de son travail (détournements de fonds, parjure pour obtenir une inculpation, fourniture de drogues à des indicateurs). Il est un jour contacté par des procureurs chargés de purger la police de ses éléments corrompus. Rongé par un sentiment de culpabilité, Ciello accepte de collaborer mais en posant naïvement la condition de ne jamais avoir à trahir ses coéquipier qu’il considère comme sa famille. Il réalisera progressivement qu’il est impossible de donner des informations, sans inéluctablement nuire à ses amis.



POINT DE VUE

Treat WilliamsAlors que Goodfellas (Martin Scorsese, 1990) décrivait le parcours d’un mafieux acceptant de trahir sa « famille », Prince of the City s’attache à suivre la démarche d’un policier amené à se retourner contre ses pairs. Adapté du livre de Robert Daley sur la vie de Robert Leuci, le film du réalisateur et coscénariste Sidney Lumet n’a rien à envier aux tragédies grecques. « Prince de la ville » parce qu’il est un policier disposant, comme ses collègues, de prérogatives exceptionnelles, Daniel Ciello (Treat Williams) veut se racheter une vertu en participant à une opération anti-corruption. Dès le départ sa femme Carla (Lindsay Crouse) perçoit les dangers de sa décision et l’en avertit vainement. En confessant aux représentants de la justice, les pratiques courantes dans le milieu policier, en marge de la légalité mais efficaces pour combattre le crime, Daniel sera contraint de compromettre ses amis. Les conséquences de ses actes seront dévastatrices tant sur un plan professionnel que personnel.

Habitué à mettre en scène des films policiers réalistes (Serpico, Q&A) et plus généralement des drames humains intenses, Sidney Lumet nous présente Daniel Ciello comme une sorte de martyre volontaire, condamné à souffrir dans sa chair pour parvenir à se délivrer de sa culpabilité (les piles du micro qu’il porte pour faire des écoutes, fondent et le brûlent, ses gencives se mettent à saigner, il prend des doses massives de médicaments pour contrôler ses nerfs). Repéré par Lumet pour son travail dans Hair (Milos Forman, 1979), Treat Williams donne une belle profondeur à Ciello dont la « crise vertueuse » le fait passer par tout un éventail d’émotions vives (euphorie de participer à la lutte contre la corruption ambiante, puis négation très enfantine de reconnaître qu’il trahit ses proches collaborateurs).

Treat Williams et Jerry OrbachFilmé en 59 jours, dans 131 lieux de tournage, Prince of the City adopte un ton documentaire, en présentant au gré des séquences les principaux protagonistes par des fiches indiquant leur nom, ce qui empêche de rendre l’ensemble trop confus. Tout manichéisme est évité puisque l’univers de Daniel Ciello est peuplé de policiers corrompus et de magistrats aux pratiques odieuses (n’hésitant pas à manipuler Daniel), mais aussi de mafieux au comportement loyal (le cousin mafieux de Daniel joue sa vie en voulant l’aider). Sidney Lumet ne prend pas de parti pris, en laissant chacun déterminer si Daniel Ciello est un traître ou un héros. D’une durée de près de trois heures, Prince of the City se perd peut-être un peu dans les arcanes des procédures judiciaires auxquelles Daniel est contraint de participer. Le film constitue tout de même un étonnant portrait d’un homme écartelé entre deux composantes incompatibles : sa volonté de faire ce qui lui parait juste et celle de ne pas faire de mal aux siens.






SUPPLÉMENTS DE L’ÉDITION DVD ZONE 1

Les suppléments ne sont pas sous-titrés

Disque 1

Bande-annonce (durée : 1’42’’)

Disque 2

Prince of the City : The Real Story (durée : 28’35’’)
Ce documentaire de Laurent Bouzereau constitue un supplément de taille au vu de ses intervenants : Robert Leuci (policier ayant inspiré le personnage de Daniel Ciello), Robert Daley (écrivain), Jay Presson-Allen (coscénariste, producteur exécutif), Sidney Lumet (réalisateur, coscénariste), Treat Williams (acteur jouant Daniel Ciello), Bob Balaban (acteur jouant le Procureur Santimassino), Tony Walton (décorateur), Burtt Harris (producteur) et Lance Henriksen (acteur jouant le Procureur Burano). Les témoignages sont intéressants, notamment ceux de Robert Leuci et Sidney Lumet, ce dernier explique notamment que l’éclairage du film se divise en trois parties (les arrière-plans sont d’abord plus éclairés que les visages, puis il y a égalité des éclairages, enfin seuls les visages se retrouvent éclairés).

Un mot sur le doublage français
Le doublage français d’époque est de qualité, même s’il atténue les ambiances sonores. Treat Williams est doublé par Patrick Floersheim qui restitue avec talent tous les tourments vécus par Daniel Ciello. Le film contenant plus de 100 rôles parlants, on remarque hélas que certains comédiens français doublent plusieurs personnages, ce qui détruit l’atmosphère « documentaire » de Prince of the City.



 


Titre original : Prince of the City
Titre français : Le Prince de New York
Réalisateur : Sidney Lumet
Acteurs : Bob Balaban, Jerry Orbach, James tolkan, Treat Williams
Durée : 167’22’’
Suppléments : documentaire, bande-annonce
Zone : 1 (DVD américain)
Editeur : Warner Home Video
Année du film : 1981
Format image : 1.85:1 original respecté, couleur
Langues : anglais, français
Sous-titrage : anglais, espagnol, français
Son : Dolby Digital Mono 1.0

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