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True Confessions
SANGLANTES CONFESSIONS
D’Ulu Grosbard
Par Pascal LAFFITTE

SYNOPSIS : Los Angeles, 1948. Le corps coupé en deux d’une jeune femme est retrouvé sur un terrain vague. Chargé de l’enquête, le policier Tom Spellacy (Robert Duvall) soupçonne Jack Amsterdam (Charles Durning), son ancien employeur au passé de proxénète, devenu milliardaire mécène. Grâce à son argent, Amsterdam entretient des liens solides avec les autorités religieuses de la ville, notamment Desmond Spellacy (Robert De Niro), chancelier de l’archidiocèse et frère de Tom. En poursuivant ses investigations, Tom ne va-t-il pas compromettre la carrière prometteuse de Des ?



POINT DE VUE

Robert De NiroIssu d’une famille de diamantaires belges, Ulu Grosbard s’est installé à New York pour devenir metteur en scène dans les années 50. Il a aussi participé comme assistant réalisateur au tournage de classiques tels que The Hustler (Robert Rossen, 1961), Splendor in the Grass (Elia Kazan, 1961), West Side Story (Robert Wise, 1961), et The Miracle Worker (Arthur Penn, 1962). En qualité de réalisateur, seulement sept films à son palmarès, conçus entre 1968 et 1999. True Confessions, son quatrième long-métrage, est l’adaptation d’un roman de John Gregory Dunne (1932-2003) s’inspirant de l’abominable meurtre jamais élucidé d’Elizabeth Short (1924-1947), alias Le Dahlia Noir. Le scénario a d’ailleurs été signé par Dunne en personne, en collaboration avec sa femme Joan Didion.

Alors que dans son livre The Black Dahlia (1987), transposé à l’écran par Brian De Palma en 2006, James Ellroy s’intéressait à décrire méticuleusement l’enquête (fictive) menant au coupable, ainsi que les tourments du policier chargé de l’affaire, l’approche est différente dans True Confessions. Structuré sous forme de flash-back, le film de Grosbard relègue l’investigation policière au second plan, tandis que le spectateur est tenu à distance des détails macabres. Il n’est pas ici question de mettre en avant la violence avec sensationnalisme, mais plutôt de privilégier l’étude des personnages. On remarquera tout de même la scène puissamment efficace montrant Tom Spellacy, détective à la brigade criminelle, en train de pénétrer dans le lieu isolé où la victime a été torturée et tuée. De quoi faire froid dans le dos.

Robert DuvallRobert Duvall et Robert De Niro ne sont pas des inconnus dans l’univers d’Ulu Grosbard. En 1965, Robert Duvall avait été dirigé à Broadway par Grosbard dans la pièce A View from the Bridge, d’après Arthur Miller (1915-2005). Quant à De Niro, il retrouvera le cinéaste en jouant dans Falling in Love (1984), sorte de remake de Brief Encounter (David Lean, 1945). Ayant un air de ressemblance troublant, Duvall et De Niro incarnent de façon très crédible deux frères, l’un policier, l’autre prêtre, aux rapports complexes. Tom Spellacy n’est pas un fonctionnaire incorruptible, dans le passé il servait d’homme de main pour le compte d’un proxénète, tandis que Desmond Spellacy est davantage un homme d’affaire qu’un homme de Dieu. Tom ne tient pas à trouver le coupable par soif de justice, il n’éprouve jamais une pensée pour la martyre assassinée (habitué aux horreurs de son métier, il ne s’offusque pas des plaisanteries de son collègue sur le lieu du crime). Mais pour lui, aller jusqu’au bout de son enquête peut être interprété comme une forme de rédemption, une manière de tirer un trait sur son passé peu glorieux. Par contrecoup, il est aussi question de rachat pour Desmond qui, mêlé à l’affaire, sera contraint de méditer sur son éloignement des valeurs essentielles devant être celles de la foi catholique.

L’œuvre d’Ulu Grosbard est moins un film noir qu’une étude des liens entre deux frères, doublée d’une réflexion sur les compromissions de l’Eglise en collusion avec le milieu des affaires. Lent de rythme, True Confessions n’est pas pleinement satisfaisant, faute de réelle intensité dramatique. On ne ressent jamais véritablement de tension entre Robert Duvall et De Niro (par ailleurs plus sobre que d’habitude). De plus, trop vouloir traiter de loin l’histoire de meurtre aboutit à relativiser l’intérêt de son dénouement. Toutefois, True Confessions contient quelques seconds rôles le rendant tout à fait recommandable, notamment Rose Gregorio en prostituée fanée, Kenneth McMillan (1932-1989) en collègue de Tom, toujours prêt à s’extasier sur les seins des femmes, Charles Durning en milliardaire dont la bonhomie affichée cache une personnalité des plus menaçantes, et enfin Burgess Meredith (1907-1997), en prêtre évincé par sa hiérarchie parce que jugé trop vieux.






Un mot sur le doublage français
Le doublage des personnages principaux est bon, en particulier Robert Duvall, à qui Marcel Bozzuffi (1928-1988) prête sa voix de dur à cuire. Robert De Niro est doublé par Michel Creton, comme dans The Deer Hunter (Michael Cimino, 1978) et le premier doublage de Once Upon a Time in America (Sergio Leone, 1984). Ce qui est très gênant, c’est que cette version française a été manifestement faite à l’économie, plusieurs seconds rôles se retrouvent par conséquent avec la même voix, bien trop reconnaissable !

 


Titre original : True Confessions
Titre français : Sanglantes confessions
Réalisateur : Ulu Grosbard
Acteurs Robert De Niro, Charles Durning, Robert Duvall, Kenneth McMillan
Durée : 108’01’’
Suppléments : aucun
Zone : 1 (DVD américain)
Editeur : MGM
Année du film : 1981
Format image : 1.85 : 1 original respecté (face B), 1.33:1 (face A), couleur Langues : anglais, espagnol, français
Sous-titrage : anglais, espagnol
Son : Dolby Digital Stéréo 2.0., en Dolby Digital Mono 2.0

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