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The St. Valentine's Day Massacre
L’AFFAIRE AL CAPONE
De Roger Corman
Par Pascal LAFFITTE

SYNOPSIS : En 1929, à Chicago, deux gangs rivaux respectivement dirigés par Al Capone (Jason Robards) et Bugs Moran (Ralph Meeker) se livrent une bataille sans merci pour dominer le trafic d’alcool clandestin. Jack McGurn (Clint Ritchie), l’un des hommes de main de Capone, a l’idée d’organiser un traquenard pour se débarrasser des principaux collaborateurs de Moran. le 14 février 1929 sera un jour de la Saint Valentin particulièrement sanglant.



POINT DE VUE

Jason RobardsLuxueuse reconstitution d’un fait-divers sanguinaire, The St. Valentine’s Day Massacre est le premier film de Roger Corman (né en 1926) pour une grande compagnie (la Fox). Corman est célèbre pour avoir su brillamment mener deux carrières, comme prolifique réalisateur et producteur de films de séries B, avec une règle d’or : récolter le plus d’argent en en investissant le moins. Film de gangsters, The St. Valentine’s Day Massacre est construit comme la chronique d’une mort annoncée, la tension monte graduellement pour préparer la tuerie du traquenard fomenté par l’équipe d’Al Capone. Dans le pur style de la série The Untouchables (1959-1963), une voix-off impassible (faisant entendre Paul Frees en V.O.) présente les différents personnages au fur et à mesure qu’ils font leur apparition sur l’écran, en précisant lesquels seront les victimes de la tuerie finale.

Jason Robards (1922-2000) ne ressemble certes pas au dodu gangster Al Capone, dit Scarface (1899-1947), mais sa composition caricaturale, histrionique, fait vraiment plaisir à voir. Chacune de ses apparitions est un feu d’artifice d’insultes et d’éclats de violence des plus réjouissants. Dans le camp adverse, Ralph Meeker (1920-1988), autrefois un extraordinaire Mike Hammer dans Kiss Me Deadly (Robert Aldrich, 1955), est cette fois-ci le truand Bugs Moran (1891-1957), dont la sobriété contraste avec la frénésie de Capone, son ennemi juré qui d’ailleurs lui réserve une sacrée surprise ! Le bandit Peter Gusenberg (1898-1929), principal allié de Moran, est joué par George Segal (né en 1934) qui après avoir été l’infortuné témoin de l’une des plus grandes scènes de ménage du cinéma américain dans Who’s Afraid of Virginia Woolf ? (Mike Nichols, 1966), se retrouve à son tour au cœur de la tourmente. En effet, dans The St. Valentine’s Day Massacre, Peter Gusenberg se dispute vivement avec sa femme Myrtle (Jean Hale) à propos d’un manteau de fourrure. Myrtle a suffisamment de ressources pour ne pas s’en laisser compter par son mari et tout ce qui lui passe à portée de main finira sur la tête de Gusenberg ! Le passage est rendu assez drôle par ses excès.