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The Quiller Memorandum
LE SECRET DU RAPPORT QUILLER
De Michael Anderson
Par Pascal LAFFITTE

SYNOPSIS : Berlin Ouest dans les années 60. Après la mort d’un agent britannique enquêtant sur une organisation néo-nazie, les services secrets anglais ont recours à Quiller (George Segal), un espion américain. Au cours de sa mission, Quiller rencontre une enseignante allemande (Senta Berger) dont il tombe amoureux sans réaliser qu’il la met en danger en la fréquentant. Après avoir été repéré par l’équipe du Néonazi Oktober (Max von Sydow), Quiller se retrouve au cœur d’un jeu dangereux dans lequel chaque camp adverse cherche à découvrir le quartier général de l’autre.



POINT DE VUE

George SegalDans les années 60, en pleine guerre froide, l’Allemagne scindée en deux républiques aux systèmes politico-économiques opposés, inspire plusieurs films d’espionnage. Alors que The Spy Who Came In from the Cold (Martin Ritt, 1965) et The Looking Glass War (Frank Pierson, 1969) se déroulent en Allemagne de l’Est, Funeral in Berlin (Guy Hamilton, 1966) et The Quiller Memorandum se situent en Allemagne de l’Ouest. Adapté d’un roman de Trevor Dudley Smith (1920-1995), le film de Michael Anderson laisse espérer qu’il va se démarquer des traditionnels thrillers, du fait que son scénario est rédigé par Harold Pinter, écrivain surtout célèbre pour ses pièces de théâtre, consacré lauréat du prix Nobel de littérature en 2005. Pourtant l’intrigue reste assez conventionnelle tout en pâtissant de certaines incohérences assez déconcertantes.

Le héros de The Quiller Memorandum n’est pas un espion infaillible comme James Bond ou Derek Flint. Dépourvu de gadgets, ne portant pas d’arme, Quiller ne se départit jamais en revanche d’un cynisme assez similaire à celui du détective privé Philip Marlowe, tel qu’il était interprété par James Garner dans Marlowe (Paul Bogart, 1969) ou par Elliott Gould dans The Long Goodbye (Robert Altman, 1973). La faiblesse du scénario tient en ce que Quiller se révèle très imprudent, voire autodestructeur à un moment crucial où la précaution s’imposait. En effet, grâce aux contacts qu’il a pu se faire à Berlin, il réussit à repérer le quartier général des Néonazis de Berlin Ouest. Or que fait-il ? Au lieu d’alerter ses supérieurs, il décide de pénétrer tête baissée dans l’antre de ses ennemis, pour s’assurer qu’il s’agit bien de l’endroit recherché ! La prestation de George Segal est tout à fait honorable, mais elle ne parvient pas à sauver un personnage manquant de logique.

Max Von SydowLes rôles secondaires de The Quiller Memorandum ne sont pas non plus d’une grande consistance. Max von Sydow, en dirigeant d’un groupe néonazi, ne donne jamais le sentiment de menace auquel on pouvait s’attendre. Alec Guinness, en commanditaire anglais méprisant Quiller l’américain, force un peu trop le trait dans le registre affété. Quant à George Sanders, ses deux apparitions à l’écran en dignitaire londonien à la tête de la traque des Nazis, ne doivent pas faire plus de quatre minutes au total ! En plus, elles sont totalement inutiles et semblent bien trop plaquées sur le reste des événements. Senta Berger a légèrement plus de temps de présence à l’écran que les deux acteurs précités, mais son personnage d’institutrice allemande avec qui Quiller a une idylle, ne demeure qu’une silhouette. Il est étonnant d’apprendre que lors de la sortie du film en Allemagne de l’Ouest, toutes les allusions au néonazisme furent supprimées par l’industrie cinématographique allemande, préférant faire croire à son public que les méchants étaient communistes. L’histoire d’un pays conditionne ce qui peut être vu à l’écran. En France, un phénomène similaire s’était passé lors de la sortie de Pickup on South Street (Samuel Fuller, 1955). Dans la version française de ce film, les Communistes au cœur de l’intrigue se transformaient en passeurs de drogue, simplement parce que le distributeur français avait voulu ménager les électeurs communistes, alors nombreux dans la France d’après-guerre !






SUPPLÉMENTS DE L’ÉDITION DVD ZONE 1

Commentaire audio des historiens du cinéma Eddie Friedfeld et Lee Pfeiffer
Les deux commentateurs ont déjà officié ensemble sur d’autres films d’espionnage proposés par la Fox en DVD, notamment The Chairman (J. Lee Thompson, 1969), ainsi que la nouvelle édition réunissant dans un même coffret Our Man Flint (Daniel Mann, 1966) et In Like Flint (Gordon Douglas, 1967). Le commentaire est digne d’intérêt, les deux participants s’attardent longuement sur le personnage de Quiller et son comportement incohérent. Ils nous apprennent aussi que Trevor Dudley Smith, l’auteur du roman, n’était pas satisfait du jeu de George Segal. En écrivant le livre, il se représentait Quiller avec les traits d’Humphrey Bogart (1899-1957).

Bandes-annonces
The Quiller Memorandum (durée : 3’21’’)
Our Man Flint (durée : 3’17’’)
In Like Flint (durée : 0’56’’)
The Chairman (durée : 2’58’’)
Deadfall (durée : 2’27’’)
Peeper (durée : 2’39’’)
The Magus (durée : 1’01’’)

Livret de 3 pages contenu dans le boîtier du DVD
Le texte donne des indications sur le personnage de Quiller, l’adaptation du roman par Harold Pinter, les interprètes du film, ainsi que sur le tournage en Allemagne.

Un mot sur le doublage français
La version française est de bonne facture. Comme dans The Bridge on the River Kwai (David Lean, 1957), Alec Guinness est doublé par Gérard Férat, qui atténue le côté précieux du personnage de Pol. George Segal se retrouve en français avec une voix plus grave que la sienne, celle de Marcel Bozzuffi, transformant davantage Quiller en tough guy. Le monde du doublage étant celui de l’inconstance, dans la version française de The St. Valentine’s Day Massacre (Roger Corman, 1967), George Segal sera doublé par Jacques Deschamps et Ralph Meeker par Marcel Bozzuffi ! Quant à Max von Sydow, sa voix française est celle de Jean Berger, connu pour avoir régulièrement doublé Patrick McNee, notamment dans la série The Avengers (1961-1969).



 


Titre original : The Quiller Memorandum
Titre français : Le Secret du rapport Quiller
Réalisateur : Michael Anderson
Acteurs : Senta Berger, Alec Guinness, George Segal, Max Von Sydow
Durée : 104’36’’
Suppléments : commentaire audio, bande-annonce, livret de 3 pages
Zone : 1 (DVD américain)
Editeur : Twentieth Century Fox
Année du film : 1966
Format image : 2.35:1 original respecté, couleur
Langues : anglais, espagnol, français
Sous-titrage : anglais, espagnol
Son : Dolby Digital Mono 2.0

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