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Can-Can
CAN-CAN
De Walter Lang
Par Pascal LAFFITTE

SYNOPSIS : Paris en 1896, dans le quartier de Montmartre. Simone Pistache (Shirley MacLaine) tient un café où l’on danse le French Cancan, jugé licencieux par la bonne société. La jeune femme se retrouve souvent devant les tribunaux à cause de ses spectacles considérés trop osés, mais elle est toujours défendue par son amant, l’avocat François Durnais (Frank Sinatra), dont le juge Paul Barrière (Maurice Chevalier) est un ami. Lorsque François refuse de l’épouser, Simone se venge en acceptant de se marier avec le juge Philippe Forestier (Louis Jourdan). François s’efforce alors d’empêcher le mariage…



POINT DE VUE

Sinatra, MacLaine et JourdanCan-Can adapte au cinéma une comédie musicale d’Abe Burrows, qui triompha à Broadway de 1953 à 1955, en bénéficiant d’une partition musicale signée Cole Porter. Le scénario du film évacue plusieurs personnages de la pièce pour en ajouter un de taille : l’avocat Durnais incarné par Frank Sinatra. En tant que co-producteur, et acteur associé aux recettes, Sinatra eut forcément son mot à dire pour le choix de ses partenaires à l’écran. Il proposa à Shirley MacLaine, avec qui avait tourné dans Some Came Running (Vincente Minnelli, 1958), de jouer Simone Pistache. Il demanda aussi à Cary Grant, croisé sur The Pride and the Passion (Stanley Kramer, 1957) de tenir le rôle du juge Forestier, revenant finalement à Louis Jourdan. A l’instar de Robert Aldrich se plaignant du manque de professionnalisme de Sinatra sur Four for Texas (1963), le réalisateur Walter Lang avoua après le tournage de Can-Can avoir eu du mal à travailler avec le chanteur/acteur, qui choisissait à sa guise les horaires pour le filmer. Acceptant mal l’immixtion de plus en plus importante des acteurs dans la création des films, Lang ne réalisa plus après Can-Can que deux longs-métrages : The Marriage-Go-Round (1960) et Snow White and the Three Stooges (1961).

Comédie musicale trop longue (qui aurait pu facilement être écourtée d’une demi-heure), dénuée de rythme d’humour et de vie, Can-Can ne convainc ni sur le plan de la comédie, ni sur celui de la musique. Son Paris de « carte postale » est nettement moins chatoyant que celui que Jean Renoir avait su si bien mettre en image dans French Cancan (1954) et Elena et les hommes (1956). Des numéros musicaux guère mémorables, chorégraphiés par Hermes Pan, on peut sauver Garden of Eden qui constitue une vision amusante du jardin d’Eden et de la chute d’Adam et Eve (en croquant la pomme, le sens du rythme est révélé à Eve !) Le manque d’alchimie entre tous les acteurs est frappant. Si Frank Sinatra n’est guère crédible en avocat français, il s’acquitte parfaitement de toute la partie chantée en duo (Montmart avec Maurice Chevalier, Let’s Do It avec Shirley MacLaine) ou en solo (C’est Magnifique, It’s All Right With Me). En revanche, Louis Jourdan massacre You Do Something to Me, tandis que Maurice Chevalier livre une performance un rien décevante de Just One of Those Things, surtout si l’on connaît la manière subtile dont Bryan Ferry interprétait ces deux chansons dans son album As Time Goes By (1999).

Shirley MacLaine et Louis JourdanPour la petite histoire, Nikita Khrouchtchev, secrétaire général du Parti communiste soviétique, lors de sa visite d’une dizaine de jours aux Etats-Unis en 1959, fut convié à visiter le plateau de Can-Can pendant le tournage d’une scène de danse. Il apprécia fort peu d’être photographié avec une danseuse de French Cancan montrant ses jambes, en craignant que la photo ne le décrédibilise !






SUPPLÉMENTS DE L’ÉDITION DVD ZONE 1

Aucun des suppléments n’est sous-titré

Disque 1

Musique du film sur une piste audio isolée
Curieusement, cette piste n’est pas proposée comme le film en 5.0, mais en 2.0. Elle n’en demeure pas moins très satisfaisante pour écouter les mélodies de Cole Porter. Il est tout de même assez déroutant de regarder les acteurs ouvrir la bouche, sans qu’aucun son n’en sorte, pendant que se joue la musique !

Disque 2

Leg Up : The Making Of Can-Can Featurette (durée : 20’25’’)
Un supplément peut-être plus intéressant que le film lui-même, faisant intervenir Scott McIsaac (historien du cinéma), Larry Billman (fondateur de The Academy of Dance on Film), Valentina Oumansky (danseuse), James Burrows (fils d’Abe Burrows), Miles Kreuger (président de The Institute of the American Musical), Roy Clark (danseur ayant participé à CAN-CAN), et enfin les jumelles Jane et Ruth Earl Barton (actrices, danseuses ayant participé à Can-Can). Divisé en 5 chapitres (The Dance, The Play, Sinatra & Hollywood, The Choregraphy, Khrushchev Visits, Curtain Call), le documentaire est riche en informations, nous apprenant par exemple que Marilyn Monroe avait été abordée pour interpréter le rôle finalement tenu par Shirley MacLaine. Il est aussi question de la visite des studios de la Fox par le premier secrétaire du parti communiste d’U.R.S.S., Nikita Khrouchtchev, qui après coup, déclara « immoral » le French Cancan, en affirmant que « le visage de l’humanité est plus beau que son derrière » !

The Classic Cole Porter Featurette (durée : 10’50’’)
Robert Kimball (historien, auteur de la biographie Cole), Stephen Citron (auteur de Noel & Cole – The Sophisticates), Miles Kreuger (président de The Institute of the American Musical) et Laurie Burrows Grad (fille d’Abe Burrows) reviennent sur l’œuvre et la vie tragique du compositeur Cole Porter (amputé d’une jambe en 1958).

Book By Burrows : The Man Who Wrote Can-Can Featurette (durée : 8’35’’)
James Burrows et Laurie Burrows Grad parlent de leur père Abe Burrows, auteur des comédies musicales Can-Can, How To Succeed in Business Without Really Trying et du livret de Guys & Dolls.

Comparaison de la restauration (durée : 3’20’’)
Une courte séquence comparant en split screen des images d’un transfert datant de 1993 de Can-Can, avec la restauration finale qui nécessita environ 138 heures de travail.

Film-annonce original (durée : 2’36’’)

Galeries de photos
Souvenir Program (63 photos)
Interactive Press Book (18 photos)
Advertising (8 photos)
Inside Can-Can (28 photos)
Backstage (21 photos)
Production Art (12 photos)

Livret de 3 pages contenu dans le boîtier du DVD
De nombreuses informations sont fournies sur la conception du film (l’adaptation de la comédie musicale, la production du film, le choix des acteurs, des chansons, l’origine du French Cancan). On notera l’orthographe approximative d’une phrase censée être en français : « un danse san culottes » !

4 Lobby Cards contenues dans le boîtier du DVD

Un mot sur le doublage français
Le doublage français est d’époque. Frank Sinatra est doublé par Michel Roux (1929-2007), comme plus tard dans Von Ryan’s Express (Mark Robson, 1965). Maurice Chevalier se double lui-même en français, contrairement à Louis Jourdan qui a cette fois-ci la voix de Bernard Woringer. Bizarrement, la version française change la ville d’origine du juge Forestier (Limoges se transforme en Vichy).



 


Titre original : Can-Can
Réalisateur : Walter Lang
Acteurs : Maurice Chevalier, Louis Jourdan, Shirley MacLaine, Frank Sinatra
Durée : 141’53’’
Suppléments : documentaires, galeries de photos, livret de 3 pages
Zone : 1 (DVD américain)
Editeur : Twentieth Century Fox
Année du film : 1960
Format image : 2.20:1 original respecté, couleur
Langues : anglais, espagnol, français
Sous-titrage : anglais, espagnol
Son : Dolby Digital Surround 5.0

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