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Hollywoodland
HOLLYWOODLAND
D’Allen Coulter
Par Pascal LAFFITTE

SYNOPSIS : Los Angeles, 1959. Lorsque George Reeves (Ben Affleck), vedette de la télésérie de Superman, est retrouvé mort à son domicile, des millions d’admirateurs sont bouleversés par les circonstances de son décès. La police et les dirigeants des studios veulent clore l’enquête en concluant à un suicide, mais les rumeurs persistent. Louis Simo (Adrien Brody), un détective privé, reprend l’enquête pour le compte de Helen Bessolo (Lois Smith), la mère de Reeves, en reconstituant les derniers jours dramatiques de l’acteur. Qui a appuyé sur la gâchette ? Etait-ce Leonore Lemmon (RobinTunney), la fiancée séduisante mais manipulatrice, Toni Mannix (Diane Lane), l’amante vieillissante éconduite, Eddie Mannix (Bob Hoskins), le mari vindicatif, ou bien George Reeves lui-même ?



POINT DE VUE

Ben AffleckLe premier long-métrage d’Allen Coulter, réalisateur qui jusqu’alors n’avait mis en scène que des épisodes de séries télévisées (Rome, The Sopranos, Sex and the City, The X Files), a l’ambition de s’attaquer à un fait-divers véridique, l’un des plus célèbres mystères irrésolus d’Hollywood : la mort tragique de l’acteur George Reeves (1914-1959). Après avoir joué l’un des jumeaux Tarleton, les soupirants ridicules de Scarlett O’Hara dans Gone with the Wind (Victor Fleming, 1939), George Reeves a eu une carrière des plus confidentielles jusqu’à ce qu’il devienne Superman pour le petit écran dans la série pour enfants, Adventures of Superman (1951-1958). Malheureusement, ce rôle se révéla plus une croix qu’une bénédiction pour Reeves en lui collant définitivement à la peau, au grand dam de sa carrière. Sur le plan sentimental, la vie de Reeves ne s’avéra pas non plus de tout repos. Pendant des années il fut l’amant de Toni Lanier Mannix, de huit ans son aînée, mariée au puissant dirigeant du studio MGM, E.J Mannix qui approuva tacitement la liaison adultérine de sa femme. Puis Reeves quitta sa maîtresse pour la plus jeune Leonore Lemmon, ce qui fut très mal accepté par Toni. Le 16 juin 1959, l’acteur fut retrouvé mort dans son domicile situé à Hollywood. Il n’y avait pas d’empreintes sur l’arme qui servit à mettre fin à ses jours. Aujourd’hui encore, la question de savoir s’il s’agissait d’un suicide ou d’un meurtre reste sans réponse.

Hollywoodland s’efforce discrètement de reconstituer l’époque de la fin des années 50. En mélangeant des personnages fictifs (le détective privé Louis Simo) avec des célébrités qui ont réellement existées (George Reeves, Eddie et Toni Mannix, Fred Zinnemann, Rita Hayworth) le film d’Allen Coulter se rapproche de l’ambiance des romans de Stuart Kaminsky, dans lesquels chacune des aventures du détective privé Toby Peters gravite autour d’une star hollywoodienne (Errol Flynn, Judy Garland, les Marx Brothers, Clark Gable, etc.) Il y a aussi des similitudes certaines avec l’univers de James Ellroy qui se plait dans ses livres à dévoiler la face cachée d’Hollywood, notamment dans son recueil de nouvelles Dick Contino’s Blues and Other Stories. A cette différence près qu’Ellroy est fasciné par les détails sordides, une chose à laquelle échappe le scénario de Hollywoodland.

Diane LaneLouis Simo, incarné par Adrien Brody ressemble bien plus au détective un peu minable joué par Robert Arden dans Mr. Arkadin (Orson Welles, 1955) qu’aux privés sûrs d’eux-mêmes, immortalisés par Humphrey Bogart dans The Maltese Falcon (John Huston, 1944) et The Big Sleep (Howard Hawks, 1946), ou par Ralph Meeker, alias Mike Hammer dans Kiss Me Deadly (Robert Aldrich, 1955). Hollywoodland fait alterner l’enquête de Simo avec des flashbacks sur les dernières années de George Reeves (depuis sa rencontre avec Toni Mannix en 1951 jusqu’à son décès en 1959). Simo et Reeves sont deux hommes dont le point commun est d’aspirer à une certaine reconnaissance, mais se révélant incapables d’accepter ce que la vie leur propose, d’où leur insatisfaction permanente. Divorcé de sa femme Laurie (Molly Parker), Louis Simo a de plus en plus de mal à nouer des contacts avec son fils d’une dizaine d’années. En vérité, Simo est un éternel adolescent refusant de grandir, tandis qu’au contraire, Reeves, enfermé dans son rôle de Superman de pacotille adulé par les enfants américains, cherche désespérément à quitter le monde de l’enfance. L’une des principales difficultés pour Simo et Reeves est de côtoyer des femmes leur renvoyant une image d’eux-mêmes dont ils ne veulent pas. Quand ils se rencontrent, Laurie n’a de cesse de faire des réflexions à Simo pour qu’il devienne un adulte responsable, tandis qu’en revanche, Toni a tendance à materner Reeves, de plus en plus inquiète qu’il ne prenne son essor pour la quitter pour une femme plus jeune.

Le point fort de Hollywoodland est sans conteste les excellentes performances d’acteurs qu’il contient. Diane Lane, vieillie prématurément pour représenter une Toni Mannix à l’approche de la cinquantaine, impressionne en beauté dont le pouvoir de séduction s’étiole. Un beau personnage de femme mûre comme on en trouve d’ailleurs souvent dans les romans noirs de James Ellroy. Après Daredevil (Mark Steven Johnson, 2003), Ben Affleck rendosse le costume du super héros, mais son Superman n’est pas si héroïque que ça. Ayant pris du poids, Affleck arrive totalement à convaincre en George Reeves dont il restitue l’aspect légèrement « bovin » et à qui il donne une belle sensibilité. Grâce à la magie du cinéma, Affleck donne même la réplique au véritable Burt Lancaster lors de la reconstitution de la courte apparition de George Reeves dans From Here to Eternity (Fred Zinnemann, 1953). Adrien Brody est bon mais il doit composer avec l’image pleine de clichés du détective privé…dont la vie privée est un désastre. C’est d’ailleurs là que l’on touche aux grosses faiblesses de Hollywoodland : une histoire plutôt vaine (rien n’est certain sur le supposé suicide de Reeves, comme pour celui de Marilyn Monroe), la présence de scènes vues mille fois auparavant (le tabassage obligé du détective fouineur) et surtout une absence de véritable ressort dramatique qui se fait cruellement sentir ; dernier défaut dont était dépourvu le sulfureux L.A. Confidential (Curtis Hanson, 1997), une référence incontournable en matière de films noirs récents. Tout le monde n’a pas la chance d’avoir sous la main un scénario inspiré des œuvres de James Ellroy !






SUPPLÉMENTS DE L’ÉDITION DVD ZONE 1

Hormis le commentaire audio et les bandes-annonces, tous les suppléments sont sous-titrés en anglais, français et espagnol

Commentaire audio du réalisateur Allen Coulter
Allen Coulter parvient parfois à intéresser, notamment lorsqu’il établit un rapport entre la vie de Louis Simo et celle de George Reeves, mais il a une fâcheuse tendance à répéter combien les interprètes de son film sont bons, combien la gestuelle d’Adrien Brody est étonnante. Certes, il n’a pas tort sur la qualité de jeu des acteurs, mais cela devient lassant à force d’être entendu !

Trois documentaires
Ces trois documentaires donnent la parole à de nombreuses personnes : Glenn Williamson (producteur), Allen Coulter (réalisateur), Bob Hoskins (acteur), James R. Bacon (chroniqueur), Linda Dowds (maquilleuse en chef), Leslie McDonald (architecte décoratrice), J. Miles (producteur délégué), Ben Affleck (acteur), Diane Lane (actrice), Julie Weiss (créatrice de costumes), Adrien Brody (acteur), Paul Bernbaum (scénariste), Jack Larson (acteur jouant Jimmy Olsen dans la série Adventures of Superman), Jim Beaver (acteur, historien), Robin Tunney (actrice), Rudy Behlmer (historien du cinéma, auteur), Alan L. Gansberg (historien de Hollywood).

1)-Re-Creating Old Hollywood (durée : 6’55’’)
Cette partie est consacrée à la reconstitution de l’Hollywood des années 50, notamment l’intérieur des boites de nuit The Cocoanut Grove et Ciro’s refait dans des studios de Toronto. Allen Coulter insiste sur le souci du détail en prenant l’exemple d’une pancarte « à vendre » située devant la maison de George Reeves.

2)-Behind the Headlines (durée : 7’23’’)
Cette partie s’attarde sur la psychologie des personnages principaux, sur les rapports entre les destins croisés de Louis Simo et George Reeves.

3)-Hollywood Then and Now (durée : 7’58’’)
Le documentaire donne un éclairage sur le fonctionnement des studios hollywoodiens dans les années 50 (le système des contrats liant les acteurs, réalisateurs, scénaristes aux studios, le fait que les acteurs étaient considérés comme des produits dans lesquels les studios avaient investis, le contrôle exercé par les dirigeants des studios sur la vie privée des acteurs), en le comparant à la situation actuelle beaucoup plus libre.

Scènes supplémentaires (durée : 5’09’’)
Trois courtes séquences : l’oraison funèbre de George Reeves, Louis Simo écoutant une bande enregistrée d’une conversation entre George Reeves et Toni Mannix, fournie par le sergent Jack Paterson (Dash Mihok), et une scène montrant que Louis Simo n’a plus le soutien de Paterson.

Bandes-annonces de Hannibal Rising et Fur (durée totale : 3’38’’)



 


Titre original : Hollywoodland
Réalisateur : Allen Coulter
Acteurs : Ben Affleck, Adrien Brody, Bob Hoskins, Diane Lane
Durée : 126’08’’
Suppléments : commentaire audio, documentaires, scènes supplémentaires, bandes-annones
Zone : 1 (DVD américain)
Editeur : Alliance Atlantis
Année du film : 2006
Format image : 1.85:1 original respecté, couleur
Langues : anglais, français (VF du Québéc)
Sous-titrage : anglais, espagnol, français
Son : Dolby Digital Surround 5.1

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