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The Descent
THE DESCENT
De Neil Marshall
Par Pascal LAFFITTE

SYNOPSIS : En plein milieu du massif des Appalaches, six femmes entreprennent une expédition spéléologique. Soudain un éboulement bloque le chemin du retour. Alors qu’elles tentent de trouver une autre issue, elles réalisent qu’elles ne sont pas seules. Dans une grotte au plus profond de la terre, personne ne vous entend crier !



POINT DE VUE

Shauna MacdonaldLe réalisateur / scénariste britannique Neil Marshall semble avoir une prédilection pour le cinéma fantastique. Dog Soldiers (2002), son premier long-métrage, confrontait un groupe de militaires avec des loups-garous. The Descent, son oeuvre suivante, s’intéresse aussi à un petit nombre d’individus aux prises avec le surnaturel. Le thème de la créature traquant de malchanceuses victimes, a maintes et maintes fois été traité par le cinéma d’horreur, en pouvant être décliné avec des variations infinies. Le monstre peut être par exemple un extra-terrestre : Alien (Ridley Scott, 1979), Predator (John McTiernan, 1987). Il est possible qu’il s’agisse d’une espèce de démon : Jeepers Creepers I (Victor Salva, 2001) et II (Victor Salva, 2003). La menace peut tout aussi bien venir d’une bande d’humains dégénérés : The Texas Chain Saw Massacre (Tobe Hooper, 1974), The Hills Have Eyes (Wes Craven, 1977), Wrong Turn (Rob Schmidt, 2003), voire Deliverance (John Boorman, 1972), à condition que l’on considère ce dernier comme faisant partie de la catégorie « horreur ». Comment être original lorsque l’on vient après une telle lignée de films dont plusieurs sont considérés comme des références en la matière ? Sans que l’on puisse dire que The Descent révolutionnera le genre, il convient de lui reconnaître une certaine originalité. Tout d’abord, le groupe de victimes est entièrement féminin, élément suffisamment rare pour être souligné. Ensuite, l’idée de faire se passer le drame dans une grotte à l’issue obstruée provoque forcément un sentiment de claustrophobie des plus efficaces. Enfin, aucune touche d’humour ne vient gâcher le sérieux maintenu du début jusqu’à la fin.

Pendant les 50 premières minutes, les six protagonistes de The Descent n’ont pour seule ennemie que la caverne obscure dont elles cherchent désespérément une sortie, avant que leurs réserves d’électricité et de vivres ne s’épuisent. Une situation dramatique se rapprochant de celle vécue par les adolescents de The Hole (Nick Hamm, 2001), coincés dans un bunker. Mais le huis clos évolue, ou plutôt dégénère, lorsque les spéléologues se rendent compte que quelque chose vit dans les tréfonds de la grotte. Dans le très étrange téléfilm La Double vie de Théophraste Longuet (Yannick Andréi, 1981), Jean Carmet incarnait un homme qui descendait dans les catacombes se trouvant dans les sous-sols de Paris. Là, il y rencontrait une tribu d’hommes et de femmes vivant exclusivement sous terre, dont les paupières étaient hermétiquement closes du fait de l’absence de lumière. Dans The Descent, les six femmes rencontrent des êtres nettement moins pacifiques que ceux de Paris ! Dangereuses et carnivores, ces créatures qui sont peut-être des descendants non évolués des hommes des cavernes, n’ont rien à envier au Gollum de The Lord of the Rings (Peter Jackson, 2001-2003).