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We're No Angels
LA CUISINE DES ANGES
De Michael Curtiz
Par Pascal LAFFITTE

SYNOPSIS : Dans la Guyane de 1895 à l’approche de Noël, trois bagnards s’évadent de l’Ile du Diable. Joseph (Humphrey Bogart), Albert (Aldo Ray) et Jules (Peter Ustinov) se cachent dans le magasin dirigé par le brave Félix Ducotel (Leo G. Carroll), qu’ils comptent dévaliser avant de s’embarquer pour la France. Mais les prisonniers se prennent de sympathie pour la famille Ducotel, tyrannisée par l’odieux André Trochard (Basil Rathbone), le propriétaire du magasin où travaille son cousin Félix. Le temps de Noël, les trois voleurs s’improvisent alors anges gardiens, avec des méthodes qui leur sont propres…



POINT DE VUE

Humphrey BogartL’incroyablement prolifique cinéaste d’origine hongroise Michael Curtiz est principalement connu pour ses douze collaborations avec Errol Flynn pour le compte de la Warner, parmi lesquelles figurent Captain Blood (1935), Dodge City (1939), The Sea Hawk (1940), Santa Fe Trail (1940). Avec Humphrey Bogart, Michael Curtiz se contenta de six films : Kid Galahad (1937), Angels with Dirty Faces (1938), Virginia City (1940) un western qui réunissait Flynn et Bogart, Casablanca (1942), Passage to Marseilles (1944), et We’re No Angels. Ce dernier détone un peu dans la liste comme étant non pas un drame, un western ou un film d’aventure, mais une comédie légère.

Adapté par le scénariste Ranald MacDougall d’une pièce intitulée La Cuisine des anges, écrite par Albert Husson, We’re No Angels souffre légèrement de son origine théâtrale. Quant à la forme, le film de Curtiz ressemble un peu trop à une pièce filmée, en se déroulant presque exclusivement dans le décor constitué par la maison des Ducotel. En revanche, il est facile de se laisser charmer par le sujet très réjouissant qui est raconté, ainsi que par l’humour noir de l’ensemble. Joseph, Jules et Albert, les trois sympathiques bagnards joués par Humphrey Bogart, Peter Ustinov et Aldo Ray manigancent pour piller le mieux possible le magasin tenu par Félix Ducotel. Puis en cours d’exécution, leur objectif se modifie lorsqu’ils se mettent à apprécier la gentillesse de la famille de leur hôte ; notamment de sa fille, Isabelle Ducotel (Gloria Talbott), pour qui ils vont s’occuper de régler les peines de cœur. Mais c’est principalement la présence d’Adolphe, le serpent « apprivoisé » d’Albert qui va s’avérer une bénédiction pour régler les difficultés rencontrées par les Ducotel !

Peter UstinovDans l’un de ses rares rôles comiques et l’une de ses dernières apparitions à l’écran, Humphrey Bogart domine la distribution par sa présence. L’acteur semble s’être réellement amusé à incarner ce taulard philosophe qui s’impose naturellement comme le chef des deux autres. Encore bien loin d’endosser les habits du détective belge Hercule Poirot, Peter Ustinov hérite des répliques les plus drôles, tandis qu’Aldo Ray compose une sorte de brute plus sensible que son apparence pourrait le faire penser. Dans sa carrière, Aldo Ray n’aura été que très peu de fois en haut de l’affiche, mis à part dans le polar méconnu Nightfall (Jacques Tourneur, 1956) où il se retrouvait pourchassé par Brian Keith, ainsi que dans le film de guerre The Naked and the Dead (Raoul Walsh, 1958). Ensuite, sa filmographie se perd un peu dans des productions sans grande envergure, jusqu’à La course du lièvre à travers les champs (René Clément, 1972), dans lequel il était assez triste de le retrouver en truand vieilli et bedonnant.

Les autres personnages sont surtout des silhouettes servant de faire valoir aux trois héros. En Amélie Ducotel, épouse de Félix, Joan Bennett a nettement moins de présence que dans les films de Fritz Lang comme Man Hunt (1941) ou The Woman in the Window (1945). Basil Rathbone, après avoir réussi à sortir des rôles de méchants pour devenir un Sherlock Holmes sans peur et sans reproche, entre 1939 et 1946, refait une incursion dans le registre des individus ignobles sous les traits d’André Trochard, mais seulement pour quelques scènes. Quant à Leo G. Carroll alias le gentil commerçant Félix Ducotel ; il passera tout de suite après le tournage de We’re No Angels à Tarantula (Jack Arnold, 1955), un film à petit budget où il devait porter un maquillage grotesque censé représenter sa mutation après une expérience scientifique désastreuse ! Ensuite, il deviendra quelques années après Mr. Alexander Waverly, le supérieur hiérarchique des illustres espions Napoleon Solo et Illya Kuryakin, de la série The Man from U.N.C.L.E. (1964-1968).






Un mot sur le doublage français
La version française est de bonne qualité, bien que les dialogues de l’adaptation française soient moins percutants que ceux de la version originale, et bien qu’ il faille faire le sacrifice des bruits d’ambiance. Comme dans The Big Sleep (Howard Hawks, 1946), The Treasure of the Sierra Madre (John Huston, 1948) ainsi que quelques autres films, Humphrey Bogart est doublé par Claude Péran, la meilleure voix française pour l’acteur. Peter Ustinov ne se double pas lui-même (alors qu’il le fera souvent par la suite), mais a la voix « de vieillard » d’Emile Duard ; ce qui le vieillit un peu trop. Tandis que Basil Rathbone est doublé par Marc Valbel, plus habitué à prêter sa voix à Gregory Peck.

 


Titre original : We’re No Angels
Titre français : La Cuisine des anges
Réalisateur : Michae Curtiz
Acteurs : Humphrey Bogart, Basil Rathbone, Aldo Ray, Peter Ustinov
Durée : 105’48’’
Suppléments : aucun
Zone : 1 (DVD américain)
Editeur : Paramoun Pictures
Année du film : 1955
Format image : 1.78:1 original respecté, couleur
Langues : anglais, français
Sous-titrage : anglais
Son : Dolby Digital Mono 2.0

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