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The Loneliness of the Long Distance Runner
LA SOLITUDE DU COUREUR DE FOND
De Tony Richardson
Par Pascal LAFFITTE

SYNOPSIS : Dans l’Angleterre des années 60, le jeune Colin Smith (Tom Courtenay) commet un vol dans une boulangerie, après la mort de son père. Son forfait découvert par la police, il est envoyé dans une maison de correction. Ses aptitudes sportives comme coureur de fond, suscitent très rapidement l’intérêt du directeur de l’institution (Michael Redgrave). Le fonctionnaire compte sur Smith pour gagner un championnat, dans le seul but de rehausser le prestige de l’école disciplinaire. Mais le sportif, tout en feignant d’accepter sa réinsertion, éprouve une haine inextinguible envers le système.



POINT DE VUE

Tom CourtenayTony Richardson (1928-1991) fut l’un des fondateurs avec des réalisateurs tels que Karel Reisz (1926-2002) et Lindsay Anderson (1923-1994) du Free Cinema, l’équivalent anglais de la Nouvelle Vague française. Scénarisé par l’écrivain Alan Sillitoe, adaptant sa propre nouvelle, The Loneliness of the Long Distance Runner dresse le portait de Colin Smith, un adolescent en colère, auquel Tom Courtenay (âgé de 25 ans lors du tournage) prête ses traits. Ne supportant pas, comme Hamlet, que sa mère s’empresse d’emménager avec son amant une fois le mari mort, Colin n’a pas vraiment de projet d’avenir. Avec son ami Mike (James Bolam), il passe son temps à commettre de menus larcins, sans sombrer dans l’ultra-violence, contrairement à Alex « l’anti-héros » de A Clockwork Orange (Stanley Kubrick, 1971). Viscéralement réfractaire à l’autorité, Colin sort à un moment une phrase devant son amie Audrey (Topsy Jane) qui résume sa philosophie : « It’s not that I don’t like work, it’s that I don’t like the idea of slaving me good self so the bosses can get all the profit. It seems all wrong. » (Ce n’est pas que je n’aime pas le travail, c’est que je n’aime pas l’idée de me crever pour que les patrons empoche tous les profits. Cela ne me semble pas juste).

Le film entremêle des scènes sur la vie de Smith dans la maison de correction où il a échoué après un cambriolage, avec des retours en arrière montrant ce qui l’a amené à être arrêté. Une bataille des volontés s’instaure entre Colin et le directeur de l’établissement (Michael Redgrave) qui compte tirer profit des compétences sportives du nouveau pensionnaire. L’homme s’intéresse plus au prestige de son école qu’au sort de ses élèves, comme le prouve son désintérêt brutal pour Stacy (Philip Martin), son ancien favori désormais tombé en disgrâce. Entraîné pour participer à une course à pied, Colin a l’impression d’être traité comme un lévrier de compétition. Son obéissance aux ordres n’est qu’apparente car il refuse d’être utilisé, quitte à passer à côté d’une réelle opportunité de devenir un athlète professionnel. Cette attitude de fausse soumission le fait beaucoup ressembler au footballeur surdoué joué par Patrick Dewaere, fomentant sa revanche dans Coup de tête (Jean-Jacques Annaud, 1979).