Annuaire boutique
Librairie Lis-Voir
PriceMinister
Amazon
Fnac

 
     




 

 

 

 

Fiddler on the Roof
UN VIOLON SUR LE TOIT
De Norman Jewison
Par Pascal LAFFITTE

SYNOPSIS : Tevye (Topol) est un laitier juif pauvre, mais vivant heureux dans la Russie tsariste de plus en plus touchée par l’antisémitisme. Sur ses cinq filles, trois sont en âge de se marier. L’aînée, Tzeitel (Rosalind Harris) est promise au vieux boucher Lazar Wolf (Paul Mann), mais n’a d’yeux que pour Motel Kamzoil (Leonard Frey), un tailleur qui a pour défaut d’être sans le sou. Hodel (Michele Marsh) est éprise de Perchik (Paul Michael Glaser), un jeune homme dont les idées progressistes sont dangereuses. Quant à Chava (Neva Small), elle aime Fyedka (Ray Lovelock), un non-juif.



POINT DE VUE

TopolEn 1964, la comédie musicale Fiddler on the Roof, adaptée de nouvelles de Sholom Aleichem, fit sensation à Broadway, avec Zero Mostel dans le rôle de Tevye. La Mirish Company, en collaboration avec United Artists acheta les droits pour 2 millions, et Norman Jewison fut choisi pour réaliser une version cinéma. Jewison, qui avait précédemment dirigé des spectacles musicaux pour la télévision, et réalisa ensuite Jesus Christ Superstar (1973), n’eut pas envie que Zero Mostel soit Tevye dans l’adaptation filmée de Fiddler on the Roof. Estimant que la verve comique de Mostel aurait manqué de réalisme sur l’écran, il lui préféra le comédien d’origine israélienne Chaim Topol qui lui aussi avait incarné Tevye, sur les planches de Tel Haviv puis de Londres. Seulement âgé de 35 ans à l’époque du tournage en Yougoslavie, Topol est grimé pour ressembler à un homme de cinquante ans. Il porte pratiquement tout le poids du film sur ses épaules, en mêlant subtilement tant les aspects comiques que tragiques d’un paysan juif, vivant dans un pays où les Tsars ne supportent guère les Juifs, considérés comme ennemis du Christ.

Fiddler on the Roof, comme Paint Your Wagon (Joshua Logan, 1969), est une comédie musicale parfois pesante. Son côté “film folklorique” a un peu mal vieilli, tout comme la musique de Jerry Bock, dirigée par John Williams. De tous les numéros musicaux chorégraphiés par Jerome Robbins, se démarque celui montrant des fantômes dans un cimetière, en rupture de ton avec le reste de ce film où l’on sent tout de même passer les trois heures. Ces réserves faites, il faut reconnaître que l’histoire propose une intéressante galerie de personnages, notamment les trois filles de Tevye, son épouse pas si fine que ça lorsqu’elle gobe ses mensonges, le brigadier russe qui répugne à exécuter les ordres antisémites de ses supérieurs, et Perchik l’enseignant révolutionnaire, joué par un Paul Michael Glaser quelques années avant la série qui lui assura la gloire : Starsky and Hutch (1975-1979).