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La dernière maison sur la plage
LA DERNIÈRE MAISON SUR LA PLAGE
De Franco Prosperi
Par Pascal LAFFITTE

SYNOPSIS : Après avoir dévalisé une banque, Aldo (Ray Lovelock) et ses deux comparses trouvent refuge dans une maison isolée au bord de la mer. Ils prennent alors en otage les occupantes des lieux : une religieuse (Florinda Bolkan) et les cinq étudiantes dont elle a la garde. En attendant le moment propice pour s’enfuir, les hommes prennent un malin plaisir à violenter les jeunes femmes.



POINT DE VUE

Florinda BolkanLa dernière maison sur la gauche (Wes Craven, 1972) est souvent cité comme le fer de lance des films de Rape and Revenge, terme désignant un genre de long-métrage dans lequel la victime d’un viol (ou l’un de ses proches si la victime a été tuée) prend les armes pour occire ses agresseurs. Or, si l’œuvre de Wes Craven a été suivie par un long cortège de films dans la même veine sordide, comme Thriller – A Cruel Film (Bo Arne Vibenius, 1973), Le dernier train de la nuit (Aldo Lado, 1975), I Spit on Your Grave (Meir Zarchi, 1978), La maison au fond du parc (Ruggero Deodato, 1980), Craven n’est certainement pas le premier a avoir traité du thème du viol et de la vengeance qui s’ensuit. Les westerns Les Bravados (Henry King, 1958) et Le dernier train de Gun Hill (John Sturges, 1959) narraient tous deux le parcours d’un homme voulant se venger des coupables du viol de sa femme. Mais surtout, La source (Ingmar Bergman, 1960), avec son histoire déchirante de parents se rendant compte qu’ils hébergent les bourreaux de leur fille, a très certainement beaucoup inspiré Wes Craven douze ans plus tard. Evidemment, l’ambiance permissive des années 70 a permis aux réalisateurs de traiter ce sujet délicat avec une complaisance débridée en insistant lourdement sur la violence et la nudité pour le plus grand plaisir (ou déplaisir) des spectateurs.

La dernière maison sur la plage de Franco Prosperi (1926-2004), co-réalisateur et co-scénariste avec Mario Bava de Hercule contre les vampires (1961), suit donc le chemin tracé par Craven, en opposant des brutes s’en donnant à cœur-joie dans les mauvais traitements (humiliations, viols dont un avec un instrument contondant) et leurs victimes désarmées. Il n’y a pas vraiment de montée progressive de la tension, mais plutôt une succession de sévices puis un retournement de situation rapidement expédié en moins de 10 minutes. Parmi les victimes, se trouve la bien mignonne Sherry Buchanan, qui a surtout tourné dans des films érotiques, dont le gentiment nanardesque Giochi erotici nella terza galassia (Bitto Albertini, 1981), abusivement rebaptisé StarCrash II – Les évadés de la galaxie III pour faire croire à une parenté avec le si délicieusement kitsch Starcrash, le choc des étoiles (Luigi Cozzi, 1978). La religieuse tentant tant bien que mal de protéger ses élèves des mains (baladeuses) des ravisseurs, est jouée par Florinda Bolkan, la garce mémorable tuée par son amant Gian Maria Volonté dans Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon (Elio Petri, 1970) et victime non moins mémorable dans La longue nuit de l’exorcisme (Lucio Fulci, 1972). Elle apporte une belle crédibilité à son personnage avec une sobriété qui contraste avec le comportement outrancier et les grimaces des deux preneurs d’otages les plus agités de la bande.