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Le grand défi
LE GRAND DÉFI
De Giorgio Capitani
Par Pascal LAFFITTE

SYNOPSIS : Hercule (Sergio Ciani), fils de Zeus, sauve de la noyade Omphale (Elisa Montés), la fille de Némée (Lia Zoppelli), la reine de Lydie. Tombé amoureux d’elle, il désire l’épouser. Afin de prouver qu’il est bien le demi-dieu, la reine le charge de ramener un bateau plein d’or englouti sous la mer. Hercule réussit l’épreuve, mais Omphale ne veut pas de lui. Elle imagine alors un stratagème l’obligeant à défier l’homme le plus fort du monde, Samson (Nadir Moretti). Des émissaires sont envoyés pour aller persuader Samson de participer au combat. Maciste (Howard Ross) et Ursus (Yann Larvor) décident alors d’accompagner Samson en Lydie.



POINT DE VUE

Sergio Ciani (Hercule)Les péplums associant plusieurs héros n’étaient pas nouveaux dans les années 60, décennie durant laquelle ont été tournés Ulysse contre Hercule (Mario Caiano, 1962), Hercule, Samson et Ulysse (Pietro Francisci, 1963) et Maciste contre Zorro (Umberto Lenzi, 1963). Le grand défi, quant à lui, ne contient pas moins de quatre champions ! Le demi-dieu mythologique Hercule, le biblique Samson qui puise sa force dans ses cheveux longs, Ursus l’esclave du roman de Henryk Sienkewicz Quo Vadis et enfin Maciste, personnage fictif apparu dans Cabiria (Giovanni Pastrone, 1912), dont on a pu constater, au fil de ses nombreuses aventures cinématographiques, qu’il avait la faculté de voyager dans le temps, selon la fantaisie des scénaristes, en surgissant par exemple dans l’Ecosse du 17e siècle dans Maciste en enfer (Riccardo Freda, 1962), ou en pleine Russie du 19e siècle dans Le trésor des tsars (Tanio Boccia, 1964). Le grand défi est le seul péplum de Giorgio Capitani, auteur de plusieurs comédies avec le comédien Enrico Montesano, dont l’amusant Je hais les blondes (1980), dans lequel Montesano servait de « nègre » à un odieux écrivain joué par Jean Rochefort. Il a aussi mis en scène le très bon western Chacun pour soi (1968) dans lequel Van Heflin, Klaus Kinski, George Hilton et Gilbert Roland se disputaient une mine d’or.

Son film Le grand défi s’avère original à plus d’un titre en mélangeant de façon réussie péplum, comédie et même drame sentimental. Le colérique Hercule en est le personnage principal pendant la première demi-heure, mais l’intrigue se ramifie ensuite en sous-intrigues permettant aux autres musclés d’exister. Samson est dépeint comme un brave garçon redoutant son épouse, Maciste comme le héros conciliant et serviable, tandis qu’Ursus n’est qu’une brute épaisse. L’histoire se rapproche du vaudeville par son ton humoristique. Hercule souhaite épouser Omphale mais celle-ci lui préfère Inor, fils de Lycos, chef d’une puissante tribu qui a déjà prévu une autre compagne, Diomira, pour Inor. Conseillé par le rusé nain Micron, Omphale fait croire à Hercule que son père Zeus, par la voix de la sibylle de Lydie, exige que son demi-dieu de fils combatte Samson, avant que le mariage avec Omphale ne puisse avoir lieu. Alceste, un ami d’Hercule s’en va quérir Samson pour organiser le combat. Seulement voila, Dalila, la femme de Samson, jalouse de voir son homme partir, lui coupe les cheveux la veille de son départ pour la Lydie. Rendu vulnérable, Samson ne veut plus partir et Alceste soudoie le violent Ursus qui passe son temps à boire et tout casser dans une auberge, pour enlever Samson. Entretemps, Maciste, qui a été appelé par les villageois las des turpitudes d’Ursus, intervient pour corriger l’ancien esclave. Finalement, tout le monde se réconcilie et part pour la Lydie où doit avoir lieu le combat truqué.