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L'espion qui venait du froid
L’ESPION QUI VENAIT DU SURGELÉ
De Mario Bava
Par Pascal LAFFITTE

SYNOPSIS : Ambitionnant de dominer une partie du monde, le Docteur Goldfoot (Vincent Price) s’allie à la Chine et cherche à causer la guerre entre les USA et l’URSS. Son plan est d’éliminer dix généraux de l’OTAN, et de prendre la place du dernier. Pour cela, il élabore ses fameuses Girl Bombs, des filles toutes aussi sexy les unes que les autres qui explosent dès qu’on les embrasse. Mais l’agent Dexter (Fabian), souhaitant réintégrer sa place dans les services secrets, décide de contrecarrer les plans de Goldfoot. Mais sa tâche ne sera pas rendue facile par Franco (Franco Franchi) et Ciccio (Ciccio Ingrassia), deux portiers débiles s’improvisant espions, qui vont accumuler bavures sur bavures.



POINT DE VUE

Vincent PriceL’existence de plusieurs versions pour un seul film coproduit par plusieurs pays peut avoir diverses explications. Par exemple, La furie des vampires (León Klimovsky, 1971) et Les expériences érotiques de Frankenstein (Jesús Franco, 1972), coproduits par l’Espagne au temps où la censure franquiste était rigoureuse, ont été déclinés en deux versions, l’une avec des scènes habillées pour l’exploitation nationale et l’autre avec des scènes dénudées pour la version destinée à l’export. La raison est tout autre s’agissant de L’espion qui venait du surgelé qui est un curieux salmigondis. D’un côté, James H. Nicholson, le producteur américain d’American International Pictures, voulait faire une suite à Dr. Goldfoot and the Bikini Machine (Norman Taurog, 1965), en réemployant Vincent Price dans le rôle du génie du mal mégalomane. De l’autre, le producteur italien Fulvio Lucisano d’Italian International Film, avait surtout l’intention de faire une comédie d’espionnage, mettant en vedette les populaires (dans leur pays) Franco Franchi et Ciccio Ingrassia, dont Due mafiosi contro Goldginger (Giorgio Simonelli, 1965), parodie de Goldfinger (Guy Hamilton, 1964) avait remporté un bon succès en Italie l’année auparavant.

Force est de constater que L’espion qui venait du surgelé est loin d’être parmi les meilleurs films de Mario Bava, véritable enchanteur du 7e art, metteur en scène, chef opérateur et scénariste ayant souvent fait montre d’une grande inventivité dans de nombreux genres, que l’on ne retrouve aucunement ici dans cette simple œuvre de commande au scénario duquel il n’a pas participé. On lui doit notamment les premiers gialli que sont La fille qui en savait trop (1963), Six femmes pour l’assassin (1964), les films d’aventures avec Cameron Mitchell La ruée des Vikings (1961) et Duel au couteau (1966) et surtout le trépidant Danger : Diabolik (1968) adaptant sur grand écran une bande dessinée sur un voleur masqué à la Fantômas.