Annuaire boutique
Librairie Lis-Voir
PriceMinister
Amazon
Fnac

 
     




 

 

 

 

Mort ou vif... de préférence mort
MORT OU VIF… DE PRÉFÉRENCE MORT
De Duccio Tessari
Par Pascal LAFFITTE

SYNOPSIS : Afin de toucher l’héritage de son oncle, Monty Mulligan (Giuliano Gemma), joueur et flambeur, doit vivre pendant 6 mois avec son frère Ted (Nino Benvenuti), un fermier bougon et solitaire. Peu enclin à vivre l’aventure de l’ouest, mais poussé par l’impatience de ses créanciers, Monty part rejoindre la ferme de Ted. Alors que tout sépare les deux frères, ils vont devoir apprendre à se connaître, et faire équipe pour affronter une bande de pillards.



POINT DE VUE

Giuliano GemmaMort ou vif… de préférence mort est le troisième des quatre westerns tournés par le réalisateur Duccio Tessari avec Giuliano Gemma, situé après Un pistolet pour Ringo (1965) et Le retour de Ringo (1965), mais avant l’épouvantablement médiocre Tex et le seigneur des abysses (1985), qui était, hélas, du niveau d’un téléfilm bas de gamme et clôturait de façon bien décevante une belle association. Western se situant au début du 20e siècle, le film de Tessari montre l’arrivée des automobiles comme remplaçants progressifs des chevaux, comme le fera plus tard Big Jake (George Sherman, 1971) avec John Wayne. Mais surtout, dans la lignée de Texas nous voilà (Michael Gordon, 1966) avec Alain Delon et Dean Martin, il fait partie des comédies-westerns qui annoncent On l’appelle Trinita (Enzo Barboni, 1970) et On continue à l’appeler Trinita (Enzo Barboni, 1971).

L’histoire de ces deux frères ennemis, incarnés par le cascadeur devenu acteur Giuliano Gemma et le boxeur professionnel Nino Benvenuti (dont ce sera l’une des rares incursions au cinéma), adopte la même dynamique que Méfie-toi Ben, Charlie veut ta peau (Michele Lupo, 1972), également avec Gemma mais avec cette fois-ci George Eastman dans le rôle du comparse. Dans les deux cas, nous avons affaire à un duo de losers malchanceux, nous montrant un Giuliano Gemma entraînant son compagnon dans une série de mésaventures, avec des rapports à la limite du sadomasochisme, puisque l’un semble subir avec résignation les catastrophes provoquées par l’autre.

Nino BenvenutiLe ton enjoué de Mort ou vif… de préférence mort est franchement plaisant, le film démarrant de façon fort réussie, avec un Giuliano Gemma tombant de Charybde en Scylla. A la sortie d’un casino, il est d’abord agressé par des malandrins, puis une fois qu’il s’en est débarrassé, doit faire face aux créanciers du flambeur qu’il est. Ensuite, au cours de son voyage pour aller retrouver son frère afin de toucher l’héritage de leur oncle, Gemma croise sur son chemin un pendu habillé comme Clint Eastwood dans les westerns de Sergio Leone, tandis que retentit le refrain de Pour une poignée de dollars (1964) ! Une fois les frères réunis, les occasions de se bagarrer avec la bande du gros Jim (Chris Huerta) ne manqueront pas, les combats accompagnés de bruitages « pif-paf » faisant alors éminemment penser à ceux des films de Bud Spencer et Terence Hill. On retiendra une bagarre gentiment régressive dans la salle d’eau d’un hôtel, durant laquelle tout le monde se retrouve à glisser sur le parquet couvert d’eau savonneuse avant que ce dernier ne cède sous le poids de l’humidité.