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Big Racket
BIG RACKET
D’Enzo G. Castellari
Par Pascal LAFFITTE

SYNOPSIS : A Rome, une organisation mafieuse dirigée par Rudy le marseillais (Joshua Sinclair) rackette les commerçants avec une violence inouïe. Chargé de l’enquête, l’inspecteur Nico Palmieri (Fabio Testi) manque de se faire tuer et fait un bref séjour à l’hôpital. Il décide alors de combattre cette bande criminelle par tous les moyens. Avec l’aide de citoyens, il forme une milice armée qui entreprend de nettoyer la ville par la violence.



POINT DE VUE

Fabio TestiDurant la période trouble des années 70, où le terrorisme des brigades rouges et la criminalité allaient bon train, le cinéma populaire s’est servi de ces maux de la société en les montrant à l’écran de façon appuyée, pour dénoncer les tares du monde moderne, tout en les exploitant. L’idée de l’extrêmement brutal Big Racket est ainsi venue au cinéaste Enzo G. Castellari à la lecture des journaux de l’époque, faisant état des nombreux rackets subis par les commerçants, en particulier à Rome. La mode des Vigilante Films (ou films sur l’autodéfense) s’est développée après le succès de L’inspecteur Harry (Don Siegel, 1971) avec l’impavide Clint Eastwood et Un justicier dans la ville (Michael Winner, 1974), avec le marmoréen Charles Bronson. Le thème de l’homme ordinaire, abandonné par les institutions policières et judiciaires corrompues et décidant de s’ériger juge et bourreau en prenant les armes contre tous les malfaisants croisant sa route a ensuite été décliné à l’infini.

En Italie, Maurizio Merli a plus d’une fois incarné les superflics adoptant les méthodes des truands pour mieux les éliminer, que ce soit dans Rome violente (Marino Girolami, 1975), Brigade Spéciale (Umberto Lenzi, 1976), Opération casseur (Umberto Lenzi, 1976) ou encore Flic en jean (Marino Girolami, 1976). Pour Castellari, Franco Nero a aussi œuvré dans le genre Vigilante dans Un citoyen se rebelle (1974) mais avec plus de nuance que Merli, en incarnant un homme faillible, parfois terrorisé par son entreprise insensée de combattre des délinquants sur leur propre terrain. Tous ces films ont un côté réactionnaire pleinement assumé, en dépeignant avec complaisance et force détails les méfaits des voyous, pour justifier le fait qu’ils soient ensuite dessoudés par les héros. A ce titre, La rançon de la peur (Umberto Lenzi, 1974), est assez emblématique du genre, avec l’époustouflant Tomas Milian dans le rôle du monstrueux chef de bande et Henry Silva, pour une fois du côté de la justice, en commissaire de police totalement dégoûté que Milian passe à travers les mailles du filet.