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I Walk the Line
LE PAYS DE LA VIOLENCE
De John Frankenheimer
Par Pascal LAFFITTE

SYNOPSIS : Dans un patelin reculé du Tennessee, l’intègre Sheriff quinquagénaire Henry Tawes (Gregory Peck) s’éprend de la très jeune Alma McCain (Tuesday Weld) dont le père Carl McCain (Ralph Meeker) est à la tête d’une distillerie clandestine. Afin de continuer sa relation extra-maritale avec Alma, Henry est prêt à fermer les yeux sur les activités illicites de la famille de celle-ci. Mais l’adjoint du Sheriff, le Deputy Wylie Hunnicutt (Charles Durning) se doute de quelque chose…



POINT DE VUE

Gregory Peck et Tuesday WeldLe pays de la violence. Ce titre français de I Walk the Line, film de John Frankenheimer, est trop accrocheur et trompeur. En effet, il fait immédiatement penser à un film d’action rempli de coups de feu, sans rendre compte de la transgression commise par le personnage principal. Adaptation du roman An Exile de Madison Jones, I Walk the Line n’est pas un film d’action, en vérité, c’est plutôt un drame extrêmement pessimiste. Il s’agit de l’itinéraire tragique du Sheriff Henry Tawes qui étouffe dans son quotidien et se retrouve taraudé par le « Démon de Midi ». Sa rencontre avec une très jeune femme agit comme un déclic ; prêt à tout pour partir avec Alma McCain, Tawes se compromettra et reniera tous les principes qui jusqu’alors régissaient sa vie. Il luttera en un premier temps contre l’attirance qu’il éprouve à l’égard de la jeune femme pour y ensuite y succomber corps et âme. Gregory Peck, habitué à jouer des personnages d’une grande droiture, comme l’avocat progressiste de To Kill a Mockingbird (Robert Mulligan, 1963), est particulièrement bouleversant en Sheriff pathétique, aveuglé par ses sentiments pour quelqu’un dont les sentiments à son égard ne sont pas aussi forts.

Agée lors du tournage de 27 ans, Tuesday Weld passe facilement pour une adolescente à l’orée de la majorité. Fraîche et insouciante, Alma s’amuse de sa relation avec le Sheriff Tawes, elle ne manque pas d’en raconter les détails à sa famille, notamment son père qui l’incite à continuer puisque, par un accord tacite, le Sheriff ferme dorénavant les yeux sur sa distillerie clandestine d’alcool. Ralph Meeker, autrefois fort convaincant Mike Hammer dans le remarquable Kiss Me Deadly (Robert Aldrich, 1955), joue le père redneck d’Alma avec une violence rentrée particulièrement déstabilisante. Une scène dans la chambre à coucher de sa file suggère même une possible attirance incestueuse pour sa fille. Alors qu’Alma reste fidèle aux siens du début jusqu’à la fin, le Sheriff Tawes se perd en s’éloignant de sa propre famille. Bloc de marbre lorsqu’il est avec sa femme et sa fille, il semble ne s’animer que lors de ses rencontres clandestines avec Alma. D’apparence assez fanée, l’épouse de Tawes, incarnée par Estelle Parsons devine que son mari la trompe. Une scène assez forte la montre en train d’expliquer à son mari Tawes qu’elle est prête à toutes les concessions pour le garder, mais les époux alors tous deux à l’écran paraissent séparés par un fossé définitivement infranchissable.

La musique mélancolique de Johnny Cash renforce le sentiment de désespoir diffusé par le film. Les paroles des chansons sont en parfaite adéquation avec l’ambiance du long-métrage, ainsi qu’avec l’état d’esprit du pitoyable Sheriff Tawes. Malheureusement, I Walk the Line n’est pas entièrement abouti. Un déferlement de bruit et de fureur est attendu, au fur et à mesure que Tawes se compromet pour Alma, mais rien n’éclate, ou si peu. Le Sheriff semble pratiquement mort à l’intérieur avant et après sa découverte qu’Alma lui préfère sa famille. Le film fut un échec à sa sortie. Peut-être le public des années Soixante-Dix préférait-il voir l’Amérique profonde d’une manière moins déprimante et plus insouciante, comme dans Smokey and the Bandit (Hal Needham, 1977) ou la série The Dukes of Hazzard (1979-1985) ?






UN CLIC POUR

Titre original : I Walk the Line
Titre français : Le pays de la violence
Réalisateur : John Frankenheimer
Acteurs : Ralph Meeker, Estelle Parsons, Gregory Peck, Tuesday Weld
Durée : 97’
Suppléments : aucun
Zone : 1
Editeur : Sony Pictures
Année du film : 1970
Format image : 2.40:1, couleur
Langues : anglais
Sous-titrage : aucun
Son : Dolby Digital Mono 2.0

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