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Cinque per l'inferno
CINQ POUR L’ENFER
De Gianfranco Parolini
Par Pascal LAFFITTE

SYNOPSIS : Italie. 1944. Un commando spécial de soldats américains est formé pour mettre la main sur des plans ennemis prévoyant une offensive de grande envergure. Dirigée par le lieutenant Hoffmann (Gianni Garko), la troupe doit investir une villa qui sert de QG aux Nazis. Ils vont devoir faire face au colonel Mueller (Klaus Kinski), officier SS d’une cruauté glaciale.



POINT DE VUE

Gianni GarkoLe thème de la mission suicide durant la Seconde Guerre Mondiale a souvent été exploité dans les films de guerre, l’un des plus anciens est certainement Sabotage à Berlin (Raoul Walsh, 1942), récit rocambolesque faisant croire que traverser l’Allemagne nazie était presque un voyage d’agrément pour Errol Flynn et son équipe ! Mais c’est surtout à partir des années 60 que le genre va être maintes fois décliné. Parmi les plus illustres, il y eut Les canons de Navarone (J. Lee Thompson, 1961), L’invasion secrète (Roger Corman, 1964), Les douze salopards (Robert Aldrich, 1967), La brigade du diable (Andrew V. McLaglen, 1968) et Enfants de salauds (André De Toth, 1969). Le précité Les douze salopards inspirera fortement le cinéma italien avec La légion des damnés (Umberto Lenzi, 1969), Deux salopards en enfer (Tonino Ricci, 1969) et Une poignée de salopards (Enzo G. Castellari, 1978).

Appartenant à cette veine, Cinq pour l’enfer - dont on s’étonne que le titre français ne soit pas Cinq salopards pour l’enfer, pour bien marquer la filiation avec son modèle - ne suit pas cette fois-ci des repris de justice à qui les autorités militaires font miroiter une remise de peine, mais une bande de spécialistes, dont chaque membre a une aptitude déterminante pour la réussite de l’opération, un peu comme les héros de la série Mission impossible (1966-1973). Le Lieutenant Lt. Glenn Hoffmann (Gianni Garko) est un champion du lancer de balle de baseball, le sergent Sam McCarthy (Samson Burke) est un colosse parlant couramment l’allemand, quant aux soldats Al Siracusa (Salvatore Borghese), Johnny White (Luciano Rossi) et Nick Amadori (Aldo Canti), l’un est expert en coffres-forts, l’autre en explosifs et le dernier est un as du trampoline, pouvant passer par-dessus des murs de plus de 6 mètres. Le film séduit par son ton décontracté et le traitement de son sujet, comme un gros jeu de massacre de nazis par des Américains infiltrés, le fait ressembler à une adaptation de jeu vidéo à la Castle Wolfenstein.

Klaus KinskiDans son ouvrage Crever pour vivre (Belfond, 1976), que l’on ne peut réellement appeler autobiographique, tant il relevait davantage de la fiction que du récit-vérité, Klaus Kinski avouait détester le métier d’acteur, « j’ai tourné plus de 140 films, la plupart je ne les ai jamais vus. » (Page 282). S’agissant de ses rôles au cinéma, il n’avait aucune ambition artistique, ses choix étaient purement alimentaires et dépendaient du montant du cachet proposé. A partir des années 60 et durant plus de 20 ans, il multipliera ainsi les apparitions à l’écran dans des productions européennes, ne jouant dans chaque film que le temps de quelques scènes, contre l’obtention d’un gros chèque. Chacun y trouvait son compte, Kinski s’enrichissant sans trop d’effort, tandis que son nom sur l’affiche suffisait à attirer le public, quelle que soit la qualité de l’œuvre tournée.