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Jacques Thébault
JACQUES THÉBAULT
Comédien, directeur artistique
Par Pascal LAFFITTE

Jacques Thébault, immense figure du doublage, vient de s’éteindre le 15 juillet 2015 à 91 ans. Il était né le 4 décembre 1924. Pour beaucoup, il restera la voix française de bon nombre d’acteurs étrangers de premier plan, tels que Robert Conrad, Patrick McGoohan, Steve McQueen, Audie Murphy et Roy Scheider.



Voulant être comédien à 18 ans, il s’inscrit en 1942 au cours de Charles Dullin dans la promotion de Marcel Marceau et Roger Vadim, tout en continuant à travailler à l’usine pour payer ses études. Après-guerre, il entre au service son du studio Eclair, à la projection des rushes. C’est là qu’il commence à faire du doublage (1).
D’après lui, ses premières phrases distinctes à la synchro sont « le vent a changé » et « le ventilateur est cassé » et son premier doublage notable est La cité sans voile (Jules Dassin, 1948) dans lequel il double Don Taylor (2).

The MisfitsSon talent pour le doublage lui assurera de doubler pendant plus de 50 ans des rôles anecdotiques ou importants, dans un nombre incalculable de classiques, dont La charge héroïque (John Ford, 1949), L’ange des maudits (Fritz Lang, 1951), Johnny Guitare (Nicholas Ray, 1954), La prisonnière du désert (John Ford, 1956), Ben-Hur (William Wyler, 1959), La dolce vita (Federico Fellini, 1960), Le sergent noir (John Ford, 1960), Les désaxés (John Huston, 1961), West Side Story (Robert Wise, 1961), Les monstres (Dino Risi, 1963), Zorba le grec (Mihalis Kakogiannis, 1964), La colline des hommes perdus (Sidney Lumet, 1965), Falstaff (Orson Welles, 1965), Le bal des vampires (Roman Polanski, 1967), Les douze salopards (Robert Aldrich, 1967), L’arrangement (Elia Kazan, 1969), Le reptile (Joseph L. Mankiewicz, 1970), Tristana (Luis Bunuel, 1970), Le chat à neuf queues (Dario Argento, 1971), L’exorciste (William Friedkin, 1973), Soleil vert (Richard Fleischer, 1973), Yakuza (Sydney Pollack, 1974), Halloween (John Carpenter, 1978), Alien (Ridley Scott, 1979), Star Wars V : L’empire contre-attaque (Irvin Kershner, 1980), ou encore Blade Runner (Ridley Scott, 1982).

Dans les années 50, le premier acteur qu’il suit vocalement est sans conteste Audie Murphy, sur une quinzaine de films, la plupart des westerns, depuis Le kid du Texas (Kurt Neumann, 1950) jusqu’à La parole est au colt (Earl Bellamy, 1966). Ce qui frappe chez Jacques Thébault c’est cette voix exceptionnelle, sa capacité à adopter un débit très rapide mais toujours très clair, son jeu très nerveux faisant passer beaucoup d’ironie et de force.

Patrick McGoohanDurant les années 60, il marque le petit écran dans de grandes séries, en doublant notamment de façon inoubliable le narrateur dans Les incorruptibles (1959-1963). C’est à cette même période qu’il devient la voix habituelle de trois acteurs charismatiques : Steve McQueen à partir d’Au nom de la loi (1958-1961), Robert Conrad à partir des Mystères de l’Ouest (1965-1969) et Patrick McGoohan dans les deux séries de Destination Danger (1960-1962, 1964-1967) puis Le prisonnier (1967-1968). S’il déplore le jeu limité de McQueen et Conrad (à qui d’ailleurs il donnait des nuances qu’ils n’avaient pas forcément en version originale, ndlr), il reconnaît avoir du plaisir à doubler McGoohan, qu’il considère comme un grand acteur dont il apprécie le côté inquiétant.