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Destination planète Hydra
DESTINATION PLANÈTE HYDRA
De Pietro Francisci
Par Pascal LAFFITTE

SYNOPSIS : Un OVNI a été observé dans la région Abruzzes en Italie. Le professeur Solmi (Roland Lesaffre), avec l’aide de sa fille Luisa (Leontine May) et de son assistant Paolo (Mario Novelli), va découvrir un vaisseau spatial au fond d’un gouffre. Venus pour une mission de repérage, les extra-terrestres dirigés par la belle Kaena (Leonora Ruffo) se sont posés sur les décombres de Morino après une panne. Ils enlèvent donc le groupe d’humains, sans intention de les libérer, pour les aider à réparer leur vaisseau, mais aussi le faire fonctionner. Le voyage intergalactique en direction d’Hydra ne sera pas de tout repos, lorsque les prisonniers se rebelleront.



POINT DE VUE

Leontine version Vénus de BotticelliRéalisé par Pietro Francisci, auteur entre autres des peplums Les travaux d’Hercule (1958) et Hercule et la reine de Lydie (1959), tous deux avec le culturiste Steve Reeves, Destination planète Hydra appartient à la série des films de science-fiction au budget dérisoire qui ont été produits en Italie à partir des années 60, pour se poursuivre jusqu’au début des années 80. Face au modèle américain difficilement surpassable, certains s’en tirent bien, malgré les contraintes budgétaires, comme La planète des vampires (Mario Bava, 1965) ou même le « sous Star Wars » Starcrash, le choc des étoiles (Luigi Cozzi, 1978), pour peu que l’on fasse preuve d’indulgence et que l’on soit sensible à l’esprit BD des aventures de la belle Caroline Munro dans le rôle de l’aventurière spatiale Stella Star. D’autres sont catastrophiquement pourris, du fait de leur incapacité à pallier leur manque de moyens par des idées un tant soit peu originales, comme le très ennuyeux La planète des hommes perdus (Antonio Margheriti, 1961), avec un Claude Rains insupportable ou encore les calamiteux La guerre des robots (Alfonso Brescia, 1978) et L’humanoïde (Aldo Lado, 1979), sans aucunes circonstances atténuantes. Qu’en est-il de Destination planète Hydra ? Disons qu’il se situe au milieu, ce n’est certes pas une perle méconnue du cinéma de genre, mais ce n’est pas non plus un navet croupissant dans le potager des plus mauvais films de SF.

Ce qui démarque le film de Pietro Francisci, c’est son ton résolument léger et la présence inestimable de Leontine May. Quel besoin d’effets spéciaux spectaculaires et perfectionnés quand on a ladite Leontine à l’écran ? Dès le début elle démarre fort en captivant l’attention dans le rôle de la primesautière comédienne en herbe, par ailleurs fille unique de Solmi, le scientifique joué avec une sobriété monacale par Roland Lesaffre. Il faut la voir minauder, prendre des poses à chaque occasion et l’on se délecte de ses facéties, comme celle de cacher les yeux d’un pilote d’hélicoptère en plein vol ! Mais sous un vernis de superficialité et d’insouciance, la belle est futée et observatrice, elle anticipe les évènements et fait souvent montre de plus de bon sens que ses camarades masculins. Par ailleurs, cette sacrée Leontine arbore un bel éventail de toilettes hallucinantes et affriolantes, Destination planète Hydra osant de temps en temps un érotisme de bon ton assez rafraichissant, par rapport aux productions américaines de la même époque. L’exemple tout trouvé est la scène très drôle durant laquelle une publicité est réalisée, reproduisant en tableau La naissance de Vénus de Botticelli. Leontine dans le plus simple appareil se met soudain de dos, obligeant deux techniciens à se précipiter en agitant de fausses vagues pour cacher son popotin rebondi !

Leontine version mutineHélas, au bout d’une demi-heure environ, le long-métrage s’éloigne de la pure comédie pour davantage se concentrer sur la SF fauchée, de façon impardonnable, Leontine est plus en retrait dès que débarquent les extra-terrestres menés par Leonora Ruffo. Le scénario devient un peu confus au fur des péripéties du groupe formé par les aliens et les captifs du vaisseau spatial – à savoir Leontine et sa bande, mais aussi deux espions chinois. Les aventuriers de l’espace partent pour Hydra, mais après une mutinerie des humains se retrouvent sur une planète hostile peuplée par des créatures peu amènes, assez semblables aux Morlocks de La machine à explorer le temps (George Pal, 1960). Le séjour sur ladite planète permet de se débarrasser des Chinois, représentés fourbes et lâches de façon bien caricaturale et dont la disparition ne sera d’ailleurs jamais mentionnée par les autres membres de l’équipage. Puis après un retour éclair sur la terre qui a été dévastée entre-temps, notre petit monde repart s’installer définitivement sur Hydra.