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Pénitencier du Colorado
PÉNITENCIER DU COLORADO
De Crane Wilbur
Par Pascal LAFFITTE

SYNOPSIS : Le film est le récit exact des évènements qui se sont déroulés dans la ville de Canon City, état du Colorado, U.S.A., le 30 décembre 1947. L’évasion dramatique des douze condamnés et le règne de terreur qu’ils instaurèrent sont dépeints fidèlement. Les condamnés que vous allez voir sont de vrais condamnés. Roy Best, le directeur du pénitencier joue dans le film le rôle qu’il tient dans la vie. Chaque détail de l’évasion est décrit tel qu’il a eu lieu et les prises de vues ont été faites aux endroits mêmes où les évènements se sont produits.



POINT DE VUE

Roy BestA la fin des années 50, les studios américains produisirent des films policiers au ton plus réaliste, proche du documentaire. Appelez Nord 777 (Henry Hathaway, 1948), de la Fox, suivait les efforts d’un reporter (James Stewart) pour démontrer l’innocence d’un condamné, tandis que La cité sans voile (Jules Dassin, 1948) d’Universal, décrivait pendant une journée l’enquête de deux policiers New-yorkais (Barry Fitzgerald et Don Taylor), après la mort d’un mannequin dans son appartement. Produit avec des moyens bien plus modestes par Bryan Foy Productions, Pénitencier du Colorado est dans la même mouvance. Le film, commence comme un reportage sur un pénitencier ouvert en 1868. De façon originale le narrateur de l’introduction en voix-off, devient ensuite, en caméra subjective, l’intervieweur du directeur de la prison Roy Best, qui joue son propre rôle. De vrais prisonniers sont montrés dans le fonctionnement carcéral quotidien, l’un va être libéré après 12 ans, un autre est le plus ancien pensionnaire du pénitencier, enfin un mineur de 14 ans explique avoir écopé de 20 à 30 ans pour meurtre. Roy Best est mis en valeur avec son pouvoir de recommander les méritants pour des remises de peine ou de gracier les condamnés à la chambre à gaz. Ensuite, l’histoire laisse place à des acteurs rejouant - de façon certainement très romancée - la préparation et l’évasion de 12 détenus. Une fois dehors après avoir maîtrisé les gardiens et revêtu leurs uniformes, les taulards en cavale se divisent en petit groupes, se retrouvant contraints par le froid hivernal de trouver refuge chez des familles d’Américains moyens qu’ils prennent en otages.

Deux figures ressortent parmi lesdits condamnés. Tout d’abord Carl Schwartzmiller, le multirécidiviste instigateur de la fuite, qui n’a plus rien à perdre, interprété par Jeff Corey, figure de l’Actor’s Studio, blacklisté dans les années 50 et vu dans plus de 200 films et téléfilms. Il composait notamment un mémorable Wild Bill Hickok dans Little Big Man (Arthur Penn, 1970). Ensuite, Jim Sherbondy, 29 ans, incarcéré à 17 ans après avoir tué un agent, prisonnier modèle qui a été piégé par ses codétenus, pour cacher des armes dans la chambre noire où il travaille. Découragé par les 10 ans qu’il a encore à tirer en prison, Sherbondy, accepte en regimbant de participer à l’évasion, tout en gardant son humanité mise à mal par les années de captivité. Sherbondy, alors caché dans une famille avec son compagnon d’infortune, l’incontrôlable Freeman (Henry Brandon), s’opposera notamment à ce que ce dernier prenne des libertés avec une jeune fille terrorisée. Puis se retrouvant en solo après avoir échappé à la police et ayant pénétré dans une autre famille, les Bauer, dont l’un des enfants est malade, Sherbondy n’hésitera pas longtemps avant de permettre à la mère de famille de partir chercher de l’aide chez le voisin, pour que le petit garçon soit hospitalisé. Ce personnage dépeint avec plus de cœur que les onze autres, est joué par Scott Brady, autre acteur à la carrière prolifique à la télévision et au cinéma, vu par exemple dans Johnny Guitare (Nicholas Ray, 1955) où il était le Dancin’ Kid, aimé d’Emma Small (Mercedes McCambridge), mais aimant Vienna (Joan Crawford).