Annuaire boutique
Librairie Lis-Voir
PriceMinister
Amazon
Fnac

 
     




 

 

 

 

Matalo !
MATALO !
De Cesare Canevari
Par Pascal LAFFITTE

SYNOPSIS : Bart (Corrado Pani) est sauvé de la pendaison par des bandits qu’il s’empresse de tuer une fois libéré. Il part ensuite se réfugier avec ses comparses Phil (Luis Dávila) et Theo (Antonio Salines) dans une ville fantôme, pour préparer l’attaque d’une diligence transportant de l’or. Ils sont rejoints par la belle Mary (Claudia Gravy), amante de Phil convoitée par Theo. Après l’assaut de la diligence, les malfrats retournent à leur repaire sans Bart, laissé pour mort. Ils se rendent alors compte qu’ils ne sont plus seuls en ville et se chargent de faire prisonniers les nouveaux arrivants : une vieille dame (Ana María Noé) affirmant posséder la région, une jeune femme (Ana María Mendoza) qui voyageait avec son époux mort de la fièvre, et Ray Hazek (Lou Castel), un étranger ne maniant pas un revolver mais un boomerang.



POINT DE VUE

Corrado PaniRéalisé par Cesare Canevari, auteur de seulement neuf films dont le drame érotique Parties déchaînées (1976) et le film de guerre Des filles pour le bourreau (1977), qui appartenait à la catégorie peu reluisante de la nazisploitation, le western Matalo ! est franchement une curiosité. Dans les suppléments du DVD, l’auteur Alain Petit nous explique que le scénario est une resucée de celui de Dieu ne paie pas le samedi (Tanio Boccia, 1967), dont il partage le scénariste Mino Roli. Mais alors que l’un est un western traditionnel, le second est nettement plus expérimental, avec un ton très déconcertant. Il ne contient que très peu de dialogues, le réalisateur s’essaye souvent à des mouvements tourbillonnants de caméra, tandis que la musique très seventies, à grand renfort de guitares électriques, ancre davantage Matalo ! dans cette période que dans celle du Far West.

Les apparences sont trompeuses. Les bandits ont des dégaines de hippies… mais ne se comportent certainement pas comme tels ! Même si le regard doux et l’attitude nonchalante de Bart sont équivoques, sa bande et lui ne prodiguent pas l’amour mais la violence ! Au contraire, Ray Hazek, habillé comme un cowboy plus conventionnel, ressemble à un pistolero, mais répugne à prendre les armes et s’improvisera héros sur le tard. Matalo ! regorge de situations insolites qui le rendent original. On retiendra notamment le rapport entre Ray et son cheval qui n’est pas sans évoquer Lucky Luke et Jolly Jumper. Par deux fois la monture sauvera son cavalier de la mort, d’abord en le réveillant lorsque celui-ci évanoui se déshydrate en plein désert, puis en donnant des coups de sabots bien placés lorsque Ray se retrouvera poursuivi par le sadique Theo s’amusant à le fouetter avec une chaîne. Autre singularité, le duel final qui se démarque des sempiternels règlements de comptes à coups de révolvers, en opposant cette fois-ci les balles de l’arme à feu du méchant aux lancers de boomerang du gentil.

Claudia GravyLa mise en scène de Canevari laisse transparaître une bonne dose d’humour, la preuve en est cette scène de confrontation montrant des gros plans « à la Sergio Leone » des regards de tous les protagonistes, s’achevant par un gros plan du regard de l’âne portant l’or, objet de toutes les convoitises ! Malheureusement, malgré ses qualités évidentes, Matalo !, très contemplatif, souffre de gros problèmes de rythme, avec ses longs passages d’attente dans la ville fantôme, durant lesquels il ne se passe rien. Il y a aussi cette scène de torture de Ray, assoiffé et fouetté par Theo qui devient pénible non pas par sa violence mais par son côté interminable. Enfin,  !spoiler !, reconnaissons que cette fin morale assez plate, avec les personnages s’entretuant pour de l’or que le héros désintéressé ne daignera récupérer après avoir survécu, semble avoir été vue des centaines de fois.

IMAGE ET SON

Lou CastelLa copie est tout à fait satisfaisante, bien conservée et sans défauts notables de l’image. Le DVD contient la version originale italienne et le doublage français d’époque. Il est possible que Lou Castel se double lui-même, la voix très particulière de Ray en français semblant ne pas être celle d’un habitué de la synchro. Même si le film est avare en dialogues, on reconnaît tout de même quelques voix connues du doublage, comme Lita Recio sur Ana María Mendoza, Pierre Garin sur Luis Dávila et Roger Rudel sur Antonio Salines. Il est dommage que Corrado Pani ne soit pas doublé par Patrick Poivey car les deux comédiens ont vraiment des physiques très similaires !






SUPPLÉMENTS DE L’ÉDITION DVD

Bienvenue en enfer (durée : 29’14’’)
Dans cet entretien, Alain Petit, auteur du livret Le cinéma de terreur espagnol qui accompagnait le DVD du film Le bossu de la morgue (Javier Aguirre, 1973), ainsi que des ouvrages 20 ans de western européen et Jess Franco ou les Prospérités du bis, tous édités par Artus Films, répond à quelques questions posées hors-champ sur la fin du western italien, la singularité du film, le scénariste, le réalisateurs, les acteurs et enfin la musique.

Rouge western (durée : 53’48’’)
Ce documentaire de 2007 réalisé par Eric Cherrière revient sur le cinéma italien depuis le début des années 60 à la fin des années 70. Divisé en 5 chapitres (naissance, contestation, révolution, terrorisme, liberté), il contient de très bonnes choses et de nettement moins bonnes. Le bon, ce sont les interventions d’un grand nombre d’artistes ayant contribué à la réputation du cinéma transalpin : les réalisateurs Ferdinando Baldi (à qui le documentaire est dédié), Giuliano Carnimeo, Alberto De Martino, Ruggero Deodato, Franco Giraldi, Romolo Guerreri, Mario Caiano, Carlo Lizzani, Sergio Martino, Gianfranco Parolini, Giancarlo Santi, Sergio Sollima ; l’assistant réalisateur Danilo Massi (fils de Stelvio Massi) ; les comédiens Salvatore Broghese, Gianni Garko, George Hilton, Maurice Poli, Robert Woods ; le décorateur costumier Walter Patriarca ; le scénariste Ernesto Gastaldi ; le producteur Manolo Bolognini. Le moins bon, c’est le commentaire en voix-off assez emphatique et ridicule, narré par un personnage au long manteau que l’on voit régulièrement à l’écran entre les interviews, censé symboliser les héros du western spaghetti tels que Django, Sartana, Ringo. La critique est d’ailleurs la même pour le documentaire Eurocrime ! The Italian Cop and Gangster Films That Ruled the ’70s (Mike Malloy, 2012), documentaire sur les poliziotteschi (ou films policier italiens des 70s), qui contenait de nombreux intervenants prestigieux, mais était malheureusement plombé par une mise en scène inutilement tapageuse.

Diaporama (durée : 0’30’’)

Bandes-annonces
Mátalo en version originale italienne (durée : 3’22’’)
The Belle Starr Story en version française (durée : 1’38’’)
Texas en version originale italienne (durée : 3’28’’)
Killer Kid en version originale italienne (durée : 2’44’’)
Bandidos en version originale italienne (durée : 2’26’’)



 


Titre original : ¡Mátalo !
Titre français : Matalo !
Réalisateur : Cesare Canevari
Acteurs : Lou Castel, Luis Dávila, Corrado Pani, Antonio Salines
Durée : 89’15’’
Suppléments : bandes-annonces, diaporama, documentaire, entretien
Zone : 2
Editeur : Artus Films
Année du film : 1970
Format image : 1.85:1, couleur
Langues : français, italien
Sous-titrage : français (amovible)
Son : Dolby Digital Mono 2.0

Acheter ce livre ou DVD sur le site : Amazon
Acheter ce livre ou DVD sur le site : Fnac
Acheter ce livre ou DVD sur le site : PriceMinister