Annuaire boutique
Librairie Lis-Voir
PriceMinister
Amazon
Fnac

 
     




 

 

 

 

Metempsyco
LE MANOIR MAUDIT
D’Antonio Boccaci
Par Pascal LAFFITTE

SYNOPSIS : Anna Darnell (Annie Alberti), la réincarnation de la comtesse assassinée Irene, fait régulièrement des cauchemars dans lesquels elle revit le terrible meurtre. Dans l’espoir de la guérir, son père, le docteur Darnell (Adriano Micantoni), l’emmène sur le lieu du crime, un sinistre manoir appartenant à la non moins inquiétante Comtesse Elizabeth (Flora Carosello), qui ne s’est jamais remise d’avoir été délaissée par le prince hindou Herbart au profit d’Irene. Attirées par cet endroit, devenu objet de superstitions locales, deux jeunes filles y perdent mystérieusement la vie. Le reporter George Dickson (Marco Mariani), venu sur place pour enquêter, s’éprend d’Anna et s’improvise chevalier servant lorsque les dangers s’abattent sur elle.



POINT DE VUE

Cathy en mauvaise postureUnique réalisation du scénariste Antonio Boccaci, Le manoir maudit fait partie de la vague des films gothiques produits en Italie dans les années 60, tout en se plaçant en qualité bien derrière les classiques de Mario Bava [(Le masque du démon (1960), Le corps et le fouet (1963), Opération peur (1966)], et d’Antonio Margheriti [La vierge de Nuremberg (1963), Danse macabre (1964), La sorcière sanglante (1964)]. Manifestement le film a été produit avec un budget très modeste, la preuve en est que le tableau qui orne la pièce principale du manoir, censé représenter la Comtesse Irene est en réalité une photo de l’actrice Annie Alberti, tandis que les rats ornant la chambre des tortures ne sont autres que de paisibles hamsters ! Pourtant, il émane de Le manoir maudit un indéniable charme désuet. Le film démarre avec une scène plutôt brutale, même si les sévices ont lieu hors-champ, puis s’oriente vers une histoire au un ton plus léger, accompagnée par une musique aux sonorités parfois un peu trop ironiques.

Le titre original étant Metempsyco, le Petit Robert (édition de 1981) définit la métempsychose comme la « doctrine selon laquelle une même âme peut animer successivement plusieurs corps. » En réalité, peut-on vraiment parler de métempsychose concernant Irene la défunte et Anna la vivante, puisque la première apparaît sous forme de spectre à la seconde ? Il y a deux entités distinctes partageant certains souvenirs et non possession de l’une par l’autre. Quoiqu’il en soit, le scénario de Boccaci brasse large en contenant de nombreux éléments attendus dans un film gothique : un château, une châtelaine démente, un monstre vivant dans les sous-sols, des passages secrets, une salle de torture. A ce sujet, la séquence onirique durant laquelle Anna revit le meutre d’Irene est certainement la plus réussie du long-métrage. Volontairement ou non, ladite scène est traitée comme une visite dans une maison hantée de parc d’attractions ; perdue dans une crypte, Anna doit d’abord faire face à squelette ricanant puis doit éviter – à grands renforts de cris - non seulement à un homme en armure mais aussi à un monstre sortant soudainement d’un tombeau !

Annie AlbertiAnnie Alberti, épouse de l’acteur Gérard Landry, est le principal attrait du film. Vedette de romans-photos, sa carrière comme actrice sera très brève au cinéma. Installée en Italie elle se mettra à doubler en français des films italiens dans les années 70-80 à Rome, avec une équipe généralement composée de Jean Louis, Jacques Stany et Geneviève Hersent. Ironie du sort, ce n’est pas sa voix que l’on entend dans Le manoir maudit puisqu’elle se retrouve doublée par Chantal Deberg.