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Contronatura
CONTRONATURA
D’Antonio Margheriti
Par Pascal LAFFITTE

SYNOPSIS : En Angleterre, dans les années 20, cinq personnes se rendent ensemble à Brighton. Dans la voiture se trouvent Archibald Barrett (Giuliano Raffaelli), homme d’affaire tyrannique, Margaret (Dominique Boschero), sa maîtresse qui a aussi une relation avec Alfred Sinclair (Claudio Camaso), le secrétaire de Barrett, l’avocat volage Ben Taylor (Joachim Fuchsberger) et son épouse Vivian (Marianne Koch), refrénant mal ses tendances lesbiennes. Le véhicule s’étant embourbé à cause d’un violent orage, le petit groupe trouve refuge dans un chalet isolé sans electricité ni téléphone, habité par Uriat (Luciano Pigozzi) et sa mère Elsa (Marianne Leibl). Medium, la vieille Elsa organise une séance de spiritisme qui va faire revenir le passé trouble de chaque personnage.



POINT DE VUE

Marianne KochAvertissement : vous qui êtes au seuil de cette chronique, vous pouvez encore rebrousser chemin si vous ne souhaitez pas lire un texte contenant des spoilers sur l’intrigue, vous êtes prévenus...
Coproduction germano-italienne inédite en France et dans les pays de langue anglaise, Contronatura a été écrit et réalisé par Antonio Margheriti (1930-2002), un des maîtres du cinéma gothique italien à qui l’on doit La sorcière sanglante (1964), Danse macabre (1964) et son remake en couleur Les fantômes de Hurlevent (1971), ainsi que Les diablesses (1973). Le long-métrage se démarque en se situant au début du XXe siècle, une période plus tardive que celle de la plupart des autres films gothiques. Il ne contient pas non plus de manoir sinistre avec salle de torture aménagée. En revanche, on y retrouve l’ambiance oppressante, mystérieuse bien propre au genre. Dans l’esprit, Contronatura se rapproche assez de Danse macabre en mettant en scène des vivants comprenant un peu tard qu’ils se confrontent à des spectres. Mais alors que Danse macabre arrivait très rapidement à captiver, en entrant dans le vif du sujet sans attendre, Contronatura peine à convaincre, handicapé par un rythme lent et une fâcheuse tendance à prendre trop de temps à présenter les différents personnages, par ailleurs tous antipathiques. Le film ne démarre vraiment qu’au bout de 40 minutes…

La séance de spiritisme permet d’enchaîner de multiples flashbacks montrant comment chacun des protagonistes est devenu coupable ou complice d’un homicide volontaire ou involontaire. Dans Rashomon (Akira Kurosawa, 1950), différents individus donnaient leur propre interprétation d’un même crime, sans qu’au final le spectateur sache ce qui s’était passé réellement. Au contraire, dans Contronatura, les deux versions successives d’un meurtre permettent de déterminer le véritable meurtrier, l’homicide involontaire se transformant même en homicide volontaire tout en changeant de coupable. Le titre Contronatura se réfère sans doute aux tendances saphiques de Vivian, considérées dans les années 20 contre nature, mais peut tout aussi bien se référer au surnaturel de la situation vécue par les cinq personnages confrontés à des forces qui n’ont rien de naturelles puisque surgies de l’au-delà.

Luciano PigozziMalgré ses qualités esthétiques évidentes, Contronatura est loin d’être l’un des meilleurs Margheriti, l’actrice allemande Marianne Koch, vue notamment en mère éplorée dans Pour une poignée de dollars (Sergio Leone 1964), n’est pas des plus subtiles en lesbienne en mal d’affection ; sa scène d’amour avec Dominique Boschero est d’autant moins érotique que les sentiments entre les deux ne sont pas partagés. Ressort du lot l’interprétation de Luciano Pigozzi, le Peter Lorre transalpin, dans le rôle du maître de cérémonie médiumnique, tout d’abord d’aspect inoffensif puis se révélant de plus en plus menaçant, au fur et à mesure que la culpabilité de chacun ressort. De façon assez tragique, l’acteur Claudio Camaso aura autant une vie de damné que l’Alfred Sinclair qu’il interprète. Mis en prison en 1977 après avoir poignardé un électricien dans une bagarre, Camaso, par ailleurs frère cadet de Gian Maria Volonté, se pendra dans sa cellule.

IMAGE ET SON

L’image est assez délavée et manque de profondeur lors des nombreuses scènes nocturnes. Le DVD contient la version originale italienne et la version allemande, avec un sous-titrage français amovible, dont la traduction est parfois peu appropriée (on imagine mal une femme distinguée sortir « vous n’en avez pas marre… » On constate un léger souffle sur la piste italienne, à préférer pourtant au doublage allemand nettement moins mélodieux.






SUPPLÉMENTS DE L’ÉDITION DVD

Des cris dans la nuit (durée : 23’33’’)
Dans cet entretien, Alain Petit, auteur du livret Le cinéma de terreur espagnol qui accompagnait le DVD du film Le bossu de la morgue (Javier Aguirre, 1973), ainsi que des ouvrages 20 ans de western européen et Jess Franco ou les Prospérités du bis, tous édités par Artus Films, répond à quelques questions posées hors-champ sur la place du film dans le gothique italien, son importance particulière pour Margheriti, sur la coproduction germano-italienne, sur les éléments saphiques du film, sa photographie et sa distribution.

Diaporama (durée : 2’00’’)

Bandes-annonces
Le manoir maudit en version muette (durée : 1’34’’)
Contronatura en version originale italienne (durée : 2’42’’)
Vierges pour le bourreau en version française (durée : 3’18’’)
L’effroyable secret du Dr. Hichcock en version française (durée : 2’42’’)
Le château des messes noires en version anglaise (durée : 3’19’’)



 


Titre original : Contronatura
Titre allemand : Schreie in der Nacht
Réalisateur : Antonio Margheriti
Acteurs : Helga Anders, Claudio Camaso, Joachim Fuchsberger, Marianne Koch
Durée : 87’15’’
Suppléments : bandes-annonces, diaporama, entretien
Zone : 2
Editeur : Artus Films
Année du film : 1969
Format image : 2.35:1, couleur
Langues : allemand, italien
Sous-titrage : français (amovible)
Son : Dolby Digital Mono 2.0

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