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Sophie Leclair (c) La Gazette du doublage
SOPHIE LECLAIR

Entretien réalisé
le 2 avril 2016
par François JUSTAMAND
assisté de Marie-Anne GARROUTY

Remerciements à Marie-Martine


Dès son enfance, Sophie Leclair souhaite devenir actrice de cinéma. Plus tard, elle va tourner dans plus d’une vingtaine de films sous la direction de célèbres réalisateurs. C’est au cours des années cinquante qu’elle commence à faire du doublage. Durant cinq décennies, elle a prêté sa voix à de nombreuses actrices : Julie Harris, Mary Murphy, Shirley MacLaine, Carla Gravina, Ursula Andress, Elizabeth Taylor... Rencontre avec une dame charmante doublée d’une vraie cinéphile.



La Gazette du doublage : Quelle formation avez-vous suivie pour devenir comédienne ?

Sophie Leclair : Mes parents n’étaient pas du tout dans le milieu du spectacle. Ils ne voulaient pas du tout que je travaille ou que je sois comédienne. Il me destinait plutôt à faire un beau mariage ! (rires) Nous habitions Nevers, et à l’âge de six ou sept ans, mon père m’amenait au cinéma voir trois films par semaine ! A cette âge, on me demandait en plaisantant ce que je voulais faire plus tard, et je répondais : « Je veux faire du cinéma ! » Mon frère Jean est entré à l’Institut des hautes études cinématographiques (IDHEC). Dans cette école de cinéma, il y a une section maquettiste de costumes. J’ai passé le concours d’entrée que j’ai réussi et cela m’a permis de venir à Paris. J’aurais dû faire deux ans dans cette école mais je n’y suis restée qu’un an car j’ai passé entretemps le concours de l’École de la rue Blanche, en 1947-48, où j’ai été reçue. Mais mes parents me croyaient toujours à l’IDHEC...
Sophie Leclair (DR) J’ai suivi les cours de l’École de la rue Blanche et j’ai été renvoyée au bout de deux ans car j’avais tourné dans le film Au Royaume des cieux (1949) de Julien Duvivier, et dans Véronique, tout de suite après, sans en demander la permission à l’École. C’était presque à la fin de l’année scolaire et lorsque je suis revenue au mois d’octobre, on ma dit « Jean Meyer vous a renvoyée car c’est une école d’apprentissage ! » et on n’avait pas le droit de travailler. Dans cette école, on commençait à 9 heures et si on arrivait un peu en retard, il fallait copier un acte (rire) et on sortait à 17heures ! Jean Meyer, le directeur, avait décidé qu’on aurait des cours de cuisine au cas où on réussirait pas dans le métier d’acteurs (rire). En fait, on a eu juste un cours où on a appris à faire des tartes (rire).
Dans ma classe il y a avait Jean Rochefort, Christine Minazzoli, Jean-Paul Roussillon, Claude Rich, Georges Descrières et beaucoup d’autres ! On nous préparait au Conservatoire. Si je n’avais pas fait ce film, j’aurais continué et j’aurais passé le concours du Conservatoire.