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Nom de code : Oies sauvages
NOM DE CODE : OIES SAUVAGES
D’Antonio Margheriti
Par Pascal LAFFITTE

SYNOPSIS : Fletcher (Ernest Borgnine), un milliardaire Hongkongais, recrute une troupe de mercenaires pour démanteler un réseau de trafiquants de drogue dans le Triangle d’Or asiatique. Le commando mené par Robin Wesley (Lewis Collins) s’entraîne durement et lance enfin l’opération. Alors que la mission débute avec succès, les Oies Sauvages vont se trouver face à une véritable milice paramilitaire aux ordres du cartel.



POINT DE VUE

Lee Van CleefLe thème de la mission suicide a été décliné à l’envi par les films de guerre, l’un des plus fameux étant Les douze salopards (Robert Aldrich, 1967), dont la riche idée d’envoyer des repris de justice au casse-pipe inspira une myriade d’ersatz, principalement italiens, comme Commandos (Armando Crispino, 1968), La légion des damnés (Umberto Lenzi, 1969) et Cinq pour l’enfer (Gianfranco Parolini, 1969). Dans les années 70/80, le filon était encore vivace, la preuve en est Les oies sauvages (1978) et Le commando de sa majesté (1980), deux films d’Andrew V. McLaglen narrant cette-fois les aventures de vétérans reprenant du service.

Le suisse-allemand Erwin C. Dietrich, qui avait coproduit Les oies sauvages, décide de délaisser un temps les films érotiques qui sont son fonds de commerce, pour produire entre 1984 et 1988 quatre films de guerre dans le même esprit que le long-métrage de McLaglen. Trois sont réalisés par Antonio Margheriti : Nom de code : Oies sauvages (1984), Commando Leopard (1985), Le Triangle de la peur (1988) et le quatrième par Fabrizio De Angelis : Cobra Mission (1986). Lesdits trois films d’action de Margheriti ont pour la particularité d’avoir pour vedette l’acteur britannique Lewis Collins, auparavant tête d’affiche dans l’excellent Who Dares Wins (Ian Sharp, 1982), dans lequel un militaire (Collins) infiltrait un réseau de terroristes fomentant une prise d’otages visant des dignitaires américains. Complètent la distribution de Nom de code : Oies sauvages les grands noms du cinéma que sont Ernest Borgnine, Lee Van Cleef, Mimsy Farmer et Klaus Kinski, ce dernier toujours prêt à participer à quelques séquences dans un film pour peu que le cachet soit suffisamment élevé, sans se soucier de la teneur du scénario.

Mimsy FarmerTourné à Hong Kong et aux Philippines, notamment dans les anciens décors d’Apocalypse Now (Francis Ford Coppola, 1979) à Pagsanjan, Nom de code : Oies sauvages ne révolutionne certes pas le genre, mais s’avère un spectacle tout à fait recommandable. A l’instar des militaires mené par Errol Flynn dans Aventures en Birmanie (Raoul Walsh, 1945), le commando de Lewis Collins doit traverser la jungle à pied, poursuivi par une armée entière. Outre un final réjouissant avec un hélicoptère nettoyant tout au lance-flammes, le long-métrage vaut surtout pour la qualité de sa distribution rendant les personnages, plus ou moins stéréotypés, agréables à regarder. Il y a le leader charismatique (Collins), le vétéran madré (Van Cleef), le traitre de service (Kinski) chargé d’éliminer le groupe une fois l’objectif atteint et le commanditaire à l’arrière (Borgnine), soucieux que le plan se déroule sans accroc. Les complète le personnage féminin inhabituel de la reporter (Farmer) emprisonnée par le pouvoir en place et condamnée à servir de cobaye à des trafiquants d’opium, avant d’être délivrée par les hommes de Collins.

Dans une interview accordée à l’équipe de l’immense site Nanarland, Bruce Baron livrait quelques anecdotes de tournage. Cet acteur incarnant Kowalski, le soldat blessé au bras qui reste dans le poste de garde pour s’occuper des transmissions, se souvenait que Lee Van Cleef n’était pas au mieux de sa forme, carburant à la bière en s’avérant seulement capable de tourner le matin, lorsqu’il était encore à jeun. Il est vrai que Van Cleef a l’air assez fatigué et l’on remarque qu’il est remplacé par une doublure chaque fois que son personnage doit courir quelques mètres. Fidèle à sa réputation, Kinski était ingérable, le nez dans la coke et constamment à la recherche de chair fraîche selon Baron qui, au contraire, louait le professionnalisme de Borgnine.