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Savage Weekend
SAVAGE WEEKEND
De David Paulsen
Par Pascal LAFFITTE

SYNOPSIS : Un groupe d’amis décide de passer un week-end à la campagne pour terminer la construction d’un bateau. Alors que chaque couple a ses différents problèmes, les quelques rednecks locaux commencent à tourner autour d’eux. Jusqu’à ce qu’arrive un tueur sauvage camouflé derrière un masque.



POINT DE VUE

Marilyn HamlinClown violoniste sur glace pour Holiday on Ice dans les années 60, scénariste pour les cousins Menahem et Yoram Globus dans les années 70, puis producteur dans les années 80 de soap operas dorénavant très datés tels que Côte ouest, Dallas et Dynastie, David Paulsen ne s’essayera que rarement à la réalisation. Savage Weekend et Schizoid (1980), tous deux distribués par la firme Cannon des Globus, sont ainsi les seuls films qu’il écrira et tournera pour le cinéma. Avec son tueur masqué s’attaquant à un groupe d’amis isolés, Savage Weekend se situe entre Massacre à la tronçonneuse (Tobe Hooper, 1974) et Halloween (John Carpenter, 1978), puisqu’il a été tourné en 1976, mais distribué de façon très confidentielle en 1979.

Constituant l’un des tout premiers slashers, la réponse américaine aux gialli italiens, Savage Weekend est véritablement une curiosité, en étant original à plus d’un titre. Tout d’abord, on remarque que les personnages, à défaut d’être sympathiques, sont plus fouillés que dans la plupart des films du même genre. Divorcée de Greg (Jeffrey Pomerantz), après qu’il ait été mêlé à un scandale politique, Marie (Marilyn Hamlin) lui confie leur jeune fils pour partir en weekend avec Robert (Jim Doerr), son nouveau petit ami homme d’affaires. Les accompagnent Jay (Devin Goldenberg), collègue de Robert, Shirley (Caitlin O’Heaney), la jeune sœur délurée de Marie et son ami gay Nicky (Christopher Allport). Le groupe se retrouve à la campagne au contact du bucheron Mac Macauley (David Gale) et d’Otis (William Sanderson), un individu fruste au passé violent, embauché par Robert pour travailler sur son bateau en construction.

William SandersonIci, ce ne sont pas des teenagers décérébrés qui se font dessouder par un tueur pour pêché de fornication, mais des adultes, tout autant taraudés par leurs hormones. La tension sexuelle est très appuyée, chacun ayant son lot de frustrations, une thématique rapprochant alors le film de Paulsen des drames érotiques de Joseph W. Sarno. Marie n’est vraisemblablement pas satisfaite des performances au lit de Robert et lors de l’acte sexuel avec lui, préfère se stimuler en repensant à son ex Greg, pour qui elle ressent encore manifestement quelque chose. Elle est également attirée par le viril Macauley qui ne manque pas de la courtiser (la scène dans laquelle il lui fait tripoter un pis de vache est sans équivoque). Jay, quant à lui, ne prend pas de gants pour arriver à coucher avec Shirley, en la prenant souvent « à la hussarde », sous l’œil réprobateur de Nicky, qui est peut-être plus bisexuel qu’homo et souffre en silence des aventures de son amie. Enfin, l’étrange Otis a autrefois châtié pour avoir fauté sa cousine volage sur qui il avait des vues, en la marquant au fer rouge…