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The Sundowners
LES CAVALIERS DU CRÉPUSCULE
De George Templeton
Par Pascal LAFFITTE

SYNOPSIS : Tom Cloud (Robert Sterling) et son jeune frère Jeff (John Drew Barrymore) s’occupent de leur ranch, dont le bétail est régulièrement volé par des propriétaires voisins malhonnêtes. C’est alors qu’apparaît James, leur troisième frère, connu comme bandit sous le nom de Kid Wichita. Désirant avoir sa part du ranch, Wichita déploie des manières expéditives contre les ennemis de Tom, tout en tournant un peu trop autour de Kathleen Boyce (Cathy Downs), femme mal mariée dont Tom est épris.



POINT DE VUE

Robert PrestonEn 1950, la compagnie fondée par George Templeton et Alan Le May produit deux modestes westerns, Les cavaliers du crépuscule, réalisé par Templeton et La vallée du solitaire, réalisé par Le May (peut-être aidé à la mise en scène par Tempeton). Le May signe également les scénarii, tandis que certains acteurs participent aux deux métrages (Frank Cordell, Jack Elam, Clem Fuller, John Drew Barrymore, Dave Kashner et Chill Wills). On retrouve le thème des frères ennemis, l’un bon, l’un mauvais dans bien des westerns, dont Libre comme le vent (Robert Parrish, 1958) Le salaire de la violence (Phil Karlson, 1958) et même Le temps du massacre (Lucio Fulci, 1966). La différence dans Les cavaliers du crépuscule vient du fait que les actes répréhensibles de James, loin de nuire à Tom, lui profitent. Non seulement James accroit le bétail du ranch, mais élimine aussi les adversaires de Tom ; que ce soient des éleveurs lui volant ses bêtes ou un mari bien gênant. Tom fait montre d’une passivité que l’on pourrait interpréter comme de la complicité, avant de réaliser que son frère va trop loin et qu’il est temps d’y mettre le holà.

Un film a des chances d’être réussi quand le méchant est plus charismatique que le gentil, ce qui est le cas ici. Robert Sterling incarnant Tom fait en effet pale figure, face à Robert Preston, campant un James (alias Kid Wichita) qui en impose. Désinvolte, d’humeur joyeuse, James n’est pas sans évoquer Dempsey Rae, joué par Kirk Douglas dans L’homme qui n’a pas d’étoile (King Vidor, 1955). Tous deux aiment pousser la chansonnette, Wichita s’amusant à narguer à la guitare Earl Boyce (Jack Elam), un mari peu attirant que la femme Kathleen (Cathy Downs) n’aime pas, tandis que Rae, muni d’un banjo attisait la susceptibilité de Reed Bowman (Jeanne Crain) dans un saloon. Tous deux servent de modèle à quelqu’un de plus jeune, Wichita apprenant le tir à son petit frère Jeff (John Drew Barrymore), tandis que Rae faisait de même avec l’inexpérimenté Jeff Jimson (William Campbell). Mais surtout, même si l’un est du côté du mal, tandis que l’autre penche vers le bien, Wichita et Rae ont une vision passéiste du monde dans lequel ils vivent. Le premier pense pouvoir régler tous les problèmes sans impunité avec un revolver, comme au temps de l’Ouest sauvage où la loi n’était pas encore là pour imposer des règles. Le second, nostalgique des grands espaces, ne supporte pas les barbelés, déplaisant témoignage d’une évolution industrielle galopante.

Cathy DownsLes cavaliers du crépuscule frappe par un thème très inhabituel dans le cinéma très corseté des années 50, à savoir celui de l’adultère. Depuis les années 30, un code de production couramment appelé le Code Hays, contenait un ensemble de règles morales à respecter volontairement par les producteurs de films. Or l’adultère n’était pas censé être présenté à l’écran de façon attrayante. Pourtant, la liaison entre Tom Cloud et Kathleen Boyce est loin d’être dépeinte de manière négative et semble même une alternative plus plaisante pour Kathleen que de supporter son époux violent. C’est même elle qui ordonne à un Tom indécis de venir l’embrasser ! Notre hypothèse, expliquant que ces développements aient échappé au couperet de la censure, est que le film a été produit de façon indépendante, avec une distribution à l’écart des grands studios, ce qui permettait peut-être une plus grande liberté dans les thèmes abordés que dans les longs-métrages à gros budget ?

Alors qu’il était le personnage central de La vallée du solitaire, John Drew Barrymore n’a qu’un rôle très secondaire dans Les cavaliers du crépuscule, celui de Jeff, le dernier enfant de la fratrie, hésitant entre suivre le droit chemin aux côtés de la figure presque paternelle de Tom ou adopter la vie aventureuse de James. Curieusement, l’idée que Tom perd son influence sur Jeff au profit de James est assez peu exploitée, le scenario préférant se concentrer sur l’opposition entre les frères aînés. Chill Wills interprète Sam Beers, un cowboy sympathique au caractère assez assez similaire à celui qu’il jouait dans La vallée du solitaire. Voisin des Cloud, Beers s’improvise conciliateur en s’efforçant de maintenir la paix entre les différents éleveurs, il devra toutefois prendre parti pour son ami Tom lorsque la situation ne pourra se régler pacifiquement.

Robert SterlingGeorge Templeton sait profiter des décors naturels du Texas, notamment lors de la séquence durant laquelle James s’oppose près d’une grotte au sadique Gill Bassen (Dave Kashner). Celui-ci, placé en hauteur prend un plaisir évident à atteindre de son fouet James, terré dans un renfoncement, bien incapable d’utiliser son pistolet, après avoir été blessé à la main droite. La scène est presque aussi prenante que celle de L’homme du Kentucky (Burt Lancaster, 1955) montrant Walter Matthau fouetter copieusement un Burt Lancaster désarmé. Mais James aura le dessus, en arrivant à saisir le fouet de Gill qui, déséquilibré fera la culbute dans un ravin, James en profitant pour lui tirer dessus, en pleine chute, pour faire bonne mesure !

IMAGE ET SON

L’image en couleur quoiqu’assez nette, est très souvent constellée de points blancs dus à l’âge. Seule la version originale sous-titrée est disponible. On constate une nette détérioration du son à partir de 44’30’’, certains dialogues devenant moins audibles, tandis qu’un souffle se fait entendre. Les sous-titres sont amovibles.






SUPPLÉMENTS DE L’ÉDITION DVD

Duel au Texas (durée : 16’50’’)
Dans cet entretien, Georges Ramaïoli, dessinateur et scénariste de bandes dessinées, commence par nous apprendre que le terme Sundowner désigne les itinérants qui s’occupaient de troupeaux. Il revient ensuite sur les thèmes principaux du film avant de donner quelques indications sur George Templeton, Robert Preston, Robert Sterling, Cathy Downs et Jack Elam.

Diaporama (durée : 3’54’’)

Films-annonces de la collection Western
L’ultime chevauchée en version originale anglaise (durée : 2’15’’)
La vallée du solitaire en version originale anglaise (durée : 1’26’’)
Fort Invincible en version sans paroles (durée : 1’23’’)
Le trésor des collines rouges en version sans paroles (durée : 0’59’’)
Les cavaliers du crépuscule en version originale anglaise (durée : 1’06’’)



 


Titre original : The Sundowners
Titre français : Les cavaliers du crépuscule
Réalisateur : George Templeton
Acteurs : John Drew Barrymore, Cathy Downs, Robert Preston, Robert Sterling, Chill Wills
Durée : 81’23’’
Suppléments : bandes-annonces, diaporama, entretien
Zone : 2
Editeur : Artus Films
Année du film : 1950
Format image : 1.37:1, couleur
Langue : anglais
Sous-titrage : français (amovible)
Son : Dolby Digital Mono 2.0

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