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La bestia in calore
HOLOCAUSTE NAZI (ARMES SECRÈTES DU III REICH)
De Luigi Batzella
Par Pascal LAFFITTE

SYNOPSIS : Pendant la Seconde Guerre Mondiale, le Docteur Ellen Kratsch (Macha Magall), belle mais démente scientifique du IIIe Reich, crée un monstre hybride mi-homme mi-singe (Salvatore Baccaro), gardé en cage. Elle s’amuse à lui donner des filles en pâture, qui décèdent après en avoir subi les assauts lubriques. Des partisans multiplient des sabotages contre les occupants allemands. Ceux-ci réagissent en séquestrant les femmes des villages alentour, se retrouvant à la merci de la perversité de Kratsch. Mais le temps de la vengeance a sonné pour les partisans.



POINT DE VUE

Salvatore Baccaro n'a pas une gueule de porte-bonheur !Dans les années 70, les films dits de Nazisploitation (femmes nues + sévices + uniformes nazis) remportent un certain succès sur le grand écran. En France, la société Eurociné produit quelques titres assez soft, dont Train spécial pour Hitler (Alain Payet, 1976), Elsa Fraulein SS (Patrice Rhomm, 1976) et Nathalie dans l’enfer nazi (Alain Payet, 1977), qui ont un indéniable charme bon enfant, voire un côté fleur bleue, malgré la période historique et le sujet choisis. En revanche, les Italiens optent pour un traitement beaucoup plus dur, n’hésitant pas à s’aventurer assez loin dans le mélange malsain érotisme et nazisme. La dernière orgie du IIIème Reich (Cesare Canevari, 1977) s’inspirait ouvertement du sordide Salo ou les 120 journées de Sodome (Pier Paolo Pasolini, 1975), pour enchaîner complaisamment diverses séquences de sévices dans un camp de concentration pour femmes, destinées à divertir les soldats allemands de retour du front. S’y greffait une histoire d’amour trouble entre un Commandant SS et une captive, reproduisant en cela le rapport sulfureux des personnages de Portier de nuit (Liliana Cavani, 1974).

Le scénario d’Holocauste Nazi (Armes secrètes du III Reich) est nettement plus basique que celui du film de Canevari, l’histoire ne gravite pas autour d’un camp de concentration, mais s’attache principalement à la lutte entre des soldats allemands et des résistants italiens pratiquant le sabotage. Par mesure de rétorsion, les occupants enlèvent les femmes des villages d’où proviennent les résistants et capturent même quelques combatants ennemis pour les torturer. Batzella fait de la récupération en injectant dans son métrage des séquences de bataille, auparavant présentes dans son œuvre antérieure, Quand explose la dernière grenade (1970). Cette utilisation bien visible de stock shots donne un aspect très artificiel au film, une impression renforcée par l’emploi peu heureux de maquettes d’avions suspendues à des fils, lors des scènes de bombardement.

Macha MagallDyanne Thorne avait marqué les esprits dans Ilsa la louve (Don Edmonds, 1975), en gardienne de camp dominatrice et sadique, devenant le modèle à suivre dans la plupart des films de Nazisploitation. Dans La dernière orgie du IIIème Reich, Maristella Greco composait une commandante gestapiste vénéneuse à souhait, excitée par le spectacle d’une prisonnière dévorée par des chiens affamés. Avec son beau visage vulpin, Macha Magall est tout aussi mémorable, dans le rôle du Docteur Ellen Kratsch, sorte de Josef Mengele féminin prétextant effectuer des expériences scientifiques au profit du Reich, pour en fait assouvir un penchant affirmé pour la torture. Ayant créé un mutant à l’apparence néandertalienne, constamment enfermé dans une cage à cause de sa dangerosité, elle s’amuse à lui jeter en pâture des filles nues qu’il s’empresse de violer. Si le but de Kratsch est à terme de créer une race de surhommes, elle devrait sérieusement revoir sa méthode, vu que son monstre, une fois le coït effectué, s’empresse de tuer ses partenaires, en ne leur laissant alors aucune chance d’enfanter !

La bête est incarnée par Salvatore Baccaro, acteur au physique ingrat souffrant d’acromégalie, qui jouera un sauvage assez similaire (mais moins libidineux) dans le délicieux Starcrash, le choc des étoiles (Luigi Cozzi, 1978). Il trouve ici le rôle de sa vie, totalement nu, en passant son temps à grogner et faire des grimaces, tout en pelotant allègrement de jeunes beautés dénudées. Magall et Baccaro constituent les deux seuls protagonistes marquants du long-métrage, le reste de la distribution étant plutôt écrasé par de telles présences. On citera tout de même Gino Turini et Brad Harris, interprétant des personnages pacifiques assez similaires, l’un partisan, l’autre prêtre, répugnant à recourir à la violence face à la sauvagerie nazie, mais finalement contraints de réagir.